"India"
est votre troisième album, avec le recul quel regard
portes-tu sur l'évolution du groupe ?
Nous
avons traversé des années très intéressantes...
Nous avons joué dans des grands festivals, nous avons
réalisé notre propre tournée en Allemagne
et nous sommes allés en Corée l'année passée.
La plupart de nos rêves rock'n'roll se sont réalisés,
mais nous avons toujours travaillé dur pour en arriver
là, que ça soit sur nos prestations, sur nous-mêmes
en tant que musiciens, ou sur notre musique. Nous n'avons jamais
arrêté d'essayer de nous améliorer sur chaque
album, et c'est pour tout ça que nous faisons ce que
nous faisons. Nous ne restons jamais en place, nous voulons
continuellement réaliser nos rêves musicaux. Cela
explique pourquoi "India" va très loin, du
folk au metal, du rock au symphonique.
Musicalement,
les guitares sont vraiment poussées en avant sur cet
album, était-ce quelque chose de vital pour vous ?
Bien
sûr ! Nous sommes avant tout un groupe axé sur
la guitare et nous avons découvert qu'en tournée
la manière dont nous jouions "Ravenheart" -
un peu plus hard - nous satisfaisait, tout le monde aimait cette
version et demandait pourquoi l'album, originellement, manquait
de force à ce niveau. Du coup cette fois-ci nous avons
monté le son ! Bien sûr, ça ne sonne pas
comme si c'était un autre groupe qui jouait, mais le
résultat est plus rock. De plus, la balance entre les
riffs et les éléments atmosphériques est
bien plus équilibrée maintenant.
Vous
avez travaillé avec le philharmonique de Babelsberg,
comment s'est passée cette collaboration ?
Avant
d'enregistrer, nous avons travaillé avec un "arrangeur"
qui convertissait nos idées en futures partitions pour
les différents instruments orchestraux. Nous sommes ensuite
allés à Berlin et nous avons regardé l'orchestre
jouer, c'était génial de voir tous ces virtuoses
classiques interpréter nos propres compositions. C'était
un aspect vital de l'album et cela se ressent quand vous l'écoutez.
Pourquoi
ce titre "India", doit-on y chercher un quelconque
rapport avec l'Orient ?
Nous
sommes en effet fascinés par les ambiances musicales
orientales, elles sont très atmosphériques et
élargissent considérablement le spectre de nos
émotions quand on les écoute. Néanmoins,
sur l'album, c'est plus comme un concept, un thème sous-jacent.
"India" est plus un symbole lyrique pour une quête
existentielle. Sur le chemin de cette recherche, on peut en
fait découvrir des choses insoupçonnées
qui sont bien plus grandes, importantes et intéressantes
que ce que l'on recherchait à la base - tout comme Colomb
a découvert le continent Américain alors qu'il
cherchait une nouvelle route vers les Indes. Les chansons sur
cet album évoquent tous ces petits pas que nous faisons
dans la vie, l'espoir, la frustration, la question de savoir
si nous devrions être influencés par les éléments
externes ou rester fidèle à soi. Nous avons donc
décidé de faire de toutes ces questions le thème
principal de l'album et de les symboliser par la quête
de Christophe Colomb car ces morceaux sont quelque part aussi
un voyage, un voyage au sein des aspects de la vie.
L'album
renferme deux titres aux sonorités irlandaises, c'est
assez nouveau pour Xandria…
Pas
vraiment, parce que sur "Ravenheart" nous avions deux
morceaux qui comportaient également une touche celtique
- le morceau éponyme et " Eversleeping" - mais
cette fois-ci nous avons utilisé de vrais instruments
celtiques car nous avons travaillé avec un groupe de
folk irlandais. C'était vraiment très cool parce
que ça a donné une dimension pure et "vraie"
aux chansons.

Pour
ce troisième disque vous êtes restés fidèle
à Drakkar, quelles sont vos relations ? N'avez-vous pas
été approché par d'autres labels ?
Notre
relation est cool, nous discutons tout le temps par rapport
au groupe et ce qu'il y a à faire, il n'y a pas de restrictions
sévères ou de pression. Mais de toute manière
nous avons signé chez Drakkar pour 4 albums donc il n'est
pas question de savoir si nous leur sommes fidèles ou
non (rires) !
Depuis
le début de votre carrière on vous compare à
Within Temptation, n'est-ce pas pesant à la longue ?
Oui
mais avant cette question nous n'étions justement pas
le-groupe-qui-est-comparé-à-Within-Temptation
dans cette interview, tu vois ce que je veux dire ? C'est la
presse qui nous compare tout le temps, ils ont besoin de ça
pour savoir ou classer les nouveaux groupes. C'est bien plus
facile de comparer plutôt que de voir ce que la musique
propose. Bien sûr, nous avons des éléments
en commun et les deux groupes ont des univers très liés
au monde du fantastique, je ne parle pas du style littéraire
mais plutôt de l'imagination. Tous deux nous avons ça,
plus le fait d'avoir une chanteuse. La différence est
que vous ne retrouverez pas d'ambiances orientales chez Within
Temptation, ni même une chanson rock toute simple comme
"Black Flame". Ce ne sont que deux exemples mais voilà,
nous utilisons plus d'éléments différents,
nous expérimentons plus donc certaines choses sont comparables
à d'autres groupes, et d'autres non. Aux gens de se faire
leur propre opinion, parce que notre musique est ce qu'elle
est, unique.
Les
groupes avec chanteuse dans le milieu du metal gothique deviennent
monnaie courante, alors qu'est-ce qui selon toi fait la différence
chez Xandria ?
Je
ne sais pas, demandez aux milliers de personnes qui écoutent
nos albums ! Je ne sais vraiment pas, nous avons simplement
commencé à faire de la musique et laissé
notre imagination faire le reste au lieu d'essayer de suivre
un certain style ou certaines règles. C'est peut-être
ça la différence.
Quelles
sont vos attentes avec ce disque ?
Nous
espérons que les gens l'aimeront.
Une
tournée est elle prévue pour défendre les
couleurs de "India" ?
Oui
mais les dates ne sont pas encore fixées, consultez s'il
vous plait www.xandria.de
de temps en temps !
Je
vous laisse le mot de la fin.
Nous
espérons vraiment jouer en France, parce que nous ne
sommes jamais allés là-bas en tant que groupe,
et que nous savons que les gens sont sympas d'après nos
relations personnelles avec certains amis français que
nous avons. Nous souhaitons le meilleur aux Français
et au webzine Antithetik ! |