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VISIONS OF ATLANTIS – Trinity - (2007)
Origine : Autriche.
Label :
Napalm Records.
Visions of Atlantis c’est le petit groupe qui monte, qui monte… Faisant partie de la vague des émules ‘Nightwish’, ils se sont fait connaître avec un heavy gothic sympho édulcoré, voire acidulé, mais néanmoins sympathique et plutôt accrocheur bien qu’on se situe plus près de la pop que du heavy symphonique à proprement parler. En 2004, le groupe se lance dans la cour des grands et s’offre le luxe de promouvoir son deuxième album, ‘Cast Away’, par le biais d’une tournée commune avec Epica. A partir de là, malgré un son encore très ‘gentillet’, le groupe commence à se faire connaître et tournera partout à travers le monde et notamment en Chine avec Edenbridge, devenant ainsi précurseurs du genre aux yeux de nos amis asiatiques. Si tout cela n’était pas suffisant pour les booster, parallèlement à leurs aînés finlandais qu’il est inutile de citer tant le scandale a fait vacarme autant chez les fans que dans la presse people, ils se séparent de leur vocaliste féminine : Nicole. Ce qui deviendra finalement une large aubaine pour eux car ils iront jusqu’à traverser l’Atlantique pour recruter une remplaçante en la personne de Melissa Ferlaak avec qui ils continueront de tourner pendant que leur troisième album, ‘Trinity’, se faisait de plus en plus attendre par une fanbase grandissante.
Oui, Visions of Atlantis s’est décidé à jouer dans la cour des grands et l’affirme dès le début ! Si le style sonne toujours très ‘Nightwish’, paradoxalement, leur son propre s’est vraiment affiné. Fini d’ailleurs le heavy gothic sympho édulcoré, on passe vraiment au niveau suivant avec un heavy mélodique et symphonique énergique et efficace. Et si l’originalité et l’inventivité ne sont pas encore au rendez-vous, on ne peut nier le grand pas en avant qui sépare ‘Trinity’ de ‘Cast Away’, malgré un artwork toujours très kitsch ; mais au final, peut-on vraiment leur reprocher quoi que ce soit à ce niveau ? Rhapsody et bien d’autres du genre (dont la liste est longue) ont su faire bien pire…
Il serait d’ailleurs tentant d’établir un comparatif avec Xandria, que l’on peut aussi facilement classer dans la tête de liste des émules metal sympho à chanteuse du moment, cette fois, du côté WithinTemptation. La comparaison est d’autant plus tentante que leurs nouveaux albums sortent le même jour ! Or, alors que l’un se laisse enliser dans le manque d’inspiration avec des morceaux parachutés et assez mous, aux mélodies micro-ondées, l’autre s’affirme avec un style plus mature, plus peaufiné et plus efficace qui les propulse véritablement en avant…
Au final, à quoi ressemble ces morceaux ? Eh bien, rien de très surprenant, des structures simples mais efficaces avec des morceaux aux variations de tempo donnant du relief à un ensemble qui ne tarit pas de dynamisme ! La plupart des titres peuvent d’ailleurs revendiquer le statut de hit potentiel ! Les mélodies sont accrocheuses : preuve en est faite dès le premier morceau ‘At the Back of Beyond’ dont l’air vous flottera longtemps dans la tête. Et malgré son bond en avant par rapport à ses précédents essais, le combo sait rester sobre et humble et ne s’emporte pas dans du déversement de tartines épico-symphoniques. Résultat : grand atout de cet album, un bon équilibre entre énergie et une simplicité qui au final avait su faire le charme de ces débuts édulcorés.
Ensuite, autre grande force de l’album, la nouvelle vocaliste, car oui, ce changement a décidément été une aubaine pour l’équipe des visions d’Atlantide. Melissa Ferlaak, ex-Aesma Daeva, n’a vraiment rien à envier à une Tarja… Résultat, un son encore plus pro et plus convaincant ! Mezzo-soprano de talent, elle est un plus indéniable pour l’album, bien qu’on pourrait souhaiter l’entendre d’avantage sur des compos qui gagneraient à la mettre plus en valeur; même constatation d’ailleurs pour le mixage qui la place malheureusement un peu en retrait…
Cependant, les amoureux de belles voix seront comblés avec la perle de l’album… Oui, car bien sûr, sur tout album du genre qui se respecte, on a droit à l’inévitable ballade sentimentale… Mais quelle ballade ! Si celle-ci dans la forme est très classique (début piano-voix avec introduction progressive des éléments metal avec pour but une reprise finale du refrain en apothéose pour forcer l’émotion), elle s’avère dès les premières notes être une des futures ballades cultes du genre au même titre qu’un ‘A Distance There Is’, un ‘Restless’ ou un ‘Walking in The Air’. Non seulement celle-ci sait faire preuve de plus de subtilité et de finesse que la plupart des soupes habituelles, mais c’est là que le chant magnifique de Melissa prend toute son ampleur dévoilant un chant lyrique de qualité vibrant, sensible et poignant ! ‘Return to You’ à elle seule justifie presque l’achat de l’album pour tout amoureux des belles ballades gothic metal.
Là encore sur le thème du chant, répondons à beaucoup d’inquiétudes légitimes concernant Mario dont les essais faiblards et nasillards constituaient indéniablement un mauvais point. Que les choses soient claires : il est toujours aussi présent, voire plus ! Cependant, là encore, on peut s’estimer surpris car ce dernier a décidément pris en coffre et en charisme, rendant ses interventions bien plus crédibles et efficaces. Et si, encore une fois, l’influence d’un certain groupe se fait sentir en rappelant un certain Marco Hietala, ce n’est pas non plus sans évoquer un certain Tobias Sammet
C’est donc presque un sans-faute sur l’ensemble de l’album, si ce n’est un ‘Flow This Desert’ dont l’intro donne un petit air frais et ethno à travers des mélodies qui flairent bon la Chine (un clin d’œil à leur détour par le coin lors de leur tournée ?) qui s’envolent trop vite pour revenir immédiatement dans le ton général de l’album, donnant un sentiment un peu désagréable de rupture et mettant en valeur malgré eux la linéarité du style et de l’ambiance de l’album.
Ceci mis à part, il est tout de même bon de noter qu’avec ‘Trinity’, Visions of Atlantis se rapproche plus du speed mélodique voire du power metal que du gothic metal, rendant peut-être cet album plus axé pour le public de Stratovarius, Sonata Arctica ou encore Edguy… que pour celui de Theatre of Tragedy, Tristania ou Within Temptation. Cependant, il constitue une très bonne acquisition pour les fans de Nightwish ou les amateurs de metal à chant féminin de qualité, et son caractère très accessible et efficace le rend très passe-partout.
En bref, difficile pour quiconque ayant apprécié les précédents efforts des Visions of Atlantis d’être déçu par ce nouvel opus qui va jusqu’à dépasser les attentes de ses fans même si, encore une fois, rien de neuf et ce n’est certes pas ‘Trinity’ qui va révolutionner l’art de la musique par une originalité débordante. Mais il reste fort sympathique, sachant rester simple tout en se montrant efficace. Au final, une seule envie reste après écoute de cet album : voir rapidement ce que ces nouveaux morceaux donnent en live et comment sonneraient les anciens avec la nouvelle maturité de la formation ! Du statut de groupe de seconde zone, Visions of Atlantis passe désormais sur le devant de la scène et il faudra certainement compter avec eux à l’avenir… (6/10)
Vivien

SORTIE : Actuellement dans les bacs.



Interview de Melissa Ferlaak (Chant) :

(Interview réalisée le 30 mai 2007 par Karine)

Peux-tu s’il te plaît nous décrire les fondements de Vision of Atlantis ?

Melissa : Visions of Atlantis a débuté en 1999 et a signé chez Napalm en 2003. Le groupe a connu quelques changements en 2005, lorsque Wolf est arrivé à la guitare et moi-même au chant. Un claviériste, Martin, nous a rejoint l’année suivante. Le mythe repose sur un rêve qu’à fait Thomas, le batteur, sur Atlantis, et nous avons suivi cette inspiration.

Qu’est-ce qui a le plus marqué le groupe ces derniers temps ?

D’avoir été le premier groupe de metal symphonique à jouer en Chine. Cette tournée en Asie a été notre expérience la plus marquante, rendue possible par des gens fantastiques. C’était vraiment génial. Nous sommes extrêmement reconnaissants à Painkiller Magazine et Rock Empire.

A propos de votre nouvel album, “Trinity” – que peut-on en attendre et comment le situes-tu par rapport à vos précédentes sorties ?

Cet album est très détaillé et se dirige vers un son plus heavy et plus sombre pour VoA. Nous voulions accentuer davantage les guitares et la batterie parce que nous avions le sentiment que la musique en avait besoin. Beaucoup de groupes concentrent leur son sur les claviers et nous tenons à marquer la différence. Les thèmes qui nous sont chers, la mer et l’eau, sont essentiellement axés sur la mythologie et sont donc abordés d’une façon plus imagée que sur les albums précédents. Les sujets abordés sont très larges mais ils trouvent leur source dans les émotions, les expériences personnelles, la philosophie et la pensée profonde. C’est là que nous puisons notre inspiration. Il y a beaucoup de symbolisme et d’imagerie dans nos textes et j’espère qu’ils évoquent plein de choses pour ceux qui écoutent notre musique. Cependant, on veille à ne pas tomber dans l’expérimental ; ce n’est pas notre but. Nous composons pour procurer aux gens d’agréables moments, c’est notre motivation principale.

Quel est le processus de composition au sein de VoA ?

Là encore on ne fait pas vraiment comme les autres groupes du genre, puisque les six membres composent – on ne se repose pas sur un seul. Nous tenons à rester sincères et apporter des parts de chacun de nous dans notre musique, c’est très important. Pour "Trinity", ça a été encore plus délicat compte tenu que j’habitais toujours aux Etats-Unis [le reste du groupe en Autriche, NDLR] on a travaillé en s’envoyant régulièrement des pistes audio via un serveur FTP. Les autres me faisaient parvenir des morceaux, j’enregistrais ma partie et je leur renvoyais. Ca a fonctionné comme ça jusqu’à la préproduction, mais je suis venue en Europe pour les enregistrements définitifs.

Quel a été le morceau qui t’a demandé le plus d’investissement, en termes de composition, d’enregistrement… ?

Hm… En ce qui me concerne, je dirais que le plus délicat a enregistrer et à chanter est "Return to You" parce que ce titre est si personnel - il a été composé en mémoire de ma nièce, assassinée en 2001. C’est vraiment très difficile pour moi de le chanter. Sinon je ne pense pas que les morceaux soient techniquement difficiles, après il faut voir avec chacun des membres du groupe qui y a apporté sa touche personnelle.

Melissa, tu as rejoins VoA fin 2005. As-tu apporté tes influences, quelle est ta perception des anciens morceaux ?

Melissa: En fait, les éléments qui composent notre musique étaient déjà en phase d’évolution lorsque je suis arrivée. Wolf a apporté un son assez thrash, et moi, mon expérience en tant que vocaliste classique et expérimentale. Quant aux anciens titres, je pense que ce serait les négliger que les chanter exactement comme ils étaient. Je considère qu’il est très important de s’approprier chaque chanson – je les ai donc retravaillées en mon fort intérieur pour les restituer selon mes besoins.

Avez-vous déjà envisagé d’enregistrer une reprise ?

Hm, on ne s’est jamais vraiment posé la question. On a eu quelques soucis techniques à Taiwan et pour compenser, les gars ont joué "Enter Sandman" - c’était vraiment pas mal ! Mais sinon, nous tenons à rester originaux et continuer à nous concentrer sur nos propres morceaux.

Aimeriez-vous composer la bande originale d’un film ?

Oh oui, ça serait absolument fantastique - mais représenterait aussi une grosse responsabilité. Hmm, peut-être une histoire d’amour peu ragoûtante. Haha !

Vous êtes restés assez avares de concerts en Europe ces derniers mois… Quand pourra-t-on vous croiser sur les routes ?

Nous sommes en train d’étudier la possibilité d’une tournée européenne à notre retour des USA… Nous reviendrons, et la France ne sera pas oubliée !

Selon toi, quel est ou serait le lieu idéal pour un concert ?

Oh, question difficile. Paris serait cool, Londres également. J’adorerais aller au Brésil, à Mexico, en Australie, en Egype… Absolument partout ! Nous aimons tellement rencontrer des gens de cultures différentes… Ca a été le point fort de notre tournée en Chine.

Quels sont les projets de Visions of Atlantis pour les mois qui viennent ?

Pour l’instant, nous sommes dans l’attente de la sortie de l’album en mai/juin. Puis nous allons jouer aux Monsters of Rock en République Tchèque. En septembre nous tournerons aux USA [en première partie d’Epica] et donc en Europe cet hiver. Nous allons également participer à un projet très spécial, courant septembre, qui rendra le groupe et la tournée accessibles à tous ! Mais il faut que vous restiez à l’écoute pour en savoir davantage.

Souhaites-tu ajouter quelque chose pour conclure ?

Merci mille fois pour votre support ! Nous adorons rencontrer nos auditeurs, donc n’hésitez pas à venir nous voir à l’occasion des concerts ou vous présenter sur notre forum :-)

 


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