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Depuis
décembre 2002, le génial Andy Patridge,
dont la soif de composition n'a d'égale que son inventivité,
nous abreuve de ses fameux Fuzzy Warbles dont c'est ici la
dernière paire, c'est-à-dire le septième
et huitième volume. Histoire de recadrer les choses
pour les ignorants (si, si, ils en restent), ce guitariste
songwriter british appartient à cette race de musicien
qui, en son temps (les années 80 et 90), a su avec
son groupe (XTC) donner une nouvelle impulsion
jubilatoire à un
rock sclérosé par trop de préjugés.
A l'instar d'un Paul Weller qui
avec les Jam bouleversait
la donne, XTC marquait de son empreinte
une époque,
où la new wave se narguait d'être la nouvelle
vague musicale après le raz de marée punk de
la fin des 70's, avec des albums tels que "White Music" (1978), "Drums
and Wires" (1979), détenant le fameux single "Making
Plans for Nigel", et "Black Sea" (1980). Mais
contrairement à Weller dont les paroles
ne cachaient nullement son implication politique en faveur
d'un parti
travailliste laminé par une Miss Tatcher au plus fort
de son incompétence, Andy Patridge lui
optait pour un mode d'expression totalement différent
(quoique ayant la même cible en ligne de mire) : la
dérision
et l'humour. Et si les Jam évoluaient
dans un rock brute teinté de soul qui marquait le
retour des mods,
XTC possédait pour sa part l'art
d'accommoder les
Beatles à une sauce résolument
savoureuse et piquante… limite déjantée
mais dans le bons sens du terme. Auteur de douze albums avec XTC, Partridge,
miné par une spasmophilie qui le laisse de plus en
plus dans l'incapacité d'asseoir sa personnalité sur
les planches, abandonne à tout jamais l'idée
de tourner, au grand désespoir de nombreux fans, au
beau milieu des années 90. XTC devint
ainsi du jour au lendemain le premier groupe de pop rock
british en activité à être
totalement absent des affiches en terre d'Albion (et du monde
entier) sans que cela nuise à la vente de ses disques
(!). De sorte que n'ayant plus grand-chose à faire
d'autre que d'enregistrer ses idées sur bandes, Andy Patridge a
amassé suffisamment de matériel
pour pouvoir en exhumer les plus beaux restes sous la forme
de ces Fuzzy Warbles, véritable offrande à ses
fans et ceux bien entendu de XTC car ces
recueils de "rejets",
qui sont loin d'être des déchets, se révèlent être
autant de malles aux trésors. Ces "restes",
en effet, sont la preuve que ce musicien novateur débordant
de créativité, de génie et d'humour
n'a jamais connu la médiocrité car que ce soit
lors d'improvisations, d'expérimentations, d'intermèdes
délirants (thèmes pour la télévision)
ou en nous livrant moult versions alternatives de titres
de XTC qui renferment autant d'idées
abordées
sous des angles différents que l'on ne les apparente
plus à de simples démos brutes sans intérêt,
la patte immédiatement reconnaissable de Partidge fait
des merveilles. L'homme est capable de tout : d'écrire
des chansons gaies sur la pluie et le beau temps (enfin,
façon
de parler), de laisser transparaître ses sentiments
et angoisses sur des pièces
plus légères ou bien de rester caustique quand
il le faut sur des rythmes pour le moins délurés.
Et ceci, avec son indéniable
sens de la mélodie (véritable héritage
des Beatles),
son authenticité et LE talent qui lui sied à merveille.
En huit chapitres depuis quatre ans, celui qui, aux côtés
de ses compères Colin Moulding et Dave Gregory,
aura donner ses lettres de noblesse au rock anglais, vient
de
récompenser les attentes les plus folles. Et comme
tous les volumes des Fuzzy Warbles, ceux-ci sont enrichis
de commentaires de l'auteur lui-même qui livre ses
impressions et réflexions du moment. Cela dit, l'aventure
XTC n'a jamais cessé d'exister (cela
va bientôt
faire trente ans qu'elle dure), elle se fait juste désirer,
alors Andy, c'est quand tu veux ! (8/10)
Denis
SORTIE
: Disponible
uniquement sur le site www.ape.uk.net |