Seconde
date française
de la tournée européenne des Polonais
de Vader - judicieusement intitulée "Blitzkrieg
4"- ce concert, organisé par l'association
Evolution Prod, à l'Azimut de Nancy, était
très attendu en Lorraine, région qui,
bien que disposant d'un scène metal solide
ne semble être que rarement le berceau d'évènement à l'envergure
internationale. En effet, Vader venait y promouvoir
son excellent nouvel album "Impressions in Blood",
très bien accueilli de la presse spécialisée
et des fans, accompagné de Sardonic, de Severe
Torture et du God Dethroned. Une soirée placée
sous le signe de la brutalité, faisant
la part belle au death metal sous toutes ses
formes.
Les Allemands de Sardonic, venus tout droit d'Osnabrück,
ont la dure tache d'ouvrir les hostilités,
devant un public encore froid et clairsemé,
auquel le frontman demandera même de se rapprocher
de la scène. La formation d'outre-Rhin propose
une musique hybride, un death metal relevés
d'influences thrash évidentes, plutôt
efficace à défaut d'être véritablement
original. Cependant le set, en raison de sa très
courte durée ne marquera pas les esprits....
Place ensuite à Severe Torture, qui durcit
le ton, distillant un brutal death sans concessions, à l'image
du nom du combo batave. Bénéficiant
d'une audience plus fournie que Sardonic, le quintet,
porté par un vocaliste très talentueux,
prend plaisir à assener son metal violent
qui fait plus que jamais honneur au terme "blitzkrieg".
Un set jouissif, cependant entaché par une
durée ridicule dépassant à peine
les trente minutes.
Le calme avant la tempête... Quelle meilleure
expression pour qualifier la prestation de God Dethroned
? Le death mélodique des Hollandais apporte
un léger répit qui tranche avec la
brutalité du groupe précédant.
Mené d'un main de maître par Henri,
leur charismatique chanteur guitariste, le quatuor
délivre un show professionnel et parfaitement
huilé qui lui attire immédiatement
les faveurs du public, cette fois-ci au complet.
Les membres de God Dethroned prouvent sans problème
qu'ils méritent leur place sur cette affiche,
bien que leur nom ait été ajouté à la
dernière minute en remplacement des Danois
d'Ill Disposed, forcés d'annuler leur
participation pour raisons personnelles.


Arrive enfin Vader, accueilli par une salle
comble et totalement acquise à leur cause. Les Polonais
font honneur à leur réputation et se
révèlent être un excellent groupe
live. Force est de constater que la formation dispose
d'une solide discographie émaillée
de morceaux efficaces calibrés pour la scène
et que leur dernier essai est dans la même
veine. L'intro symphonique de "ShadowFear" (résumée à un
sample lancé par Darek le batteur pour être
plus exact) semblait toute indiquée pour entamer
le set sous les meilleurs auspices, lui conférant
un aspect solennel et annonçant une set-list
résolument tournée vers "Impressions
in Blood" et son prédécesseur "The
Art of War". Bien que donnant la priorité à leurs
derniers hits - car, comment appeler autrement des
compositions qui trouvent un écho immédiat
parmi un public survolté, peu avare en pogo
et en slam en tous genre ? - Vader s'autorise quelques
incursions dans son passé et pioche sa discographie
abondement fournie, en témoignent "Sothis" et "Reborn
in Flames" tirés tout deux d'un de leur
premiers albums "De profundis", "Carnal" présent
sur "Back to the Blind", ou encore "Xeper" issu
du très acclamé "Litany".
Une prestation sans le moindre temps mort, sans véritable
interaction avec le public si ce n'est quelques "merci" de
Peter le frontman, comme si Vader préférait
laisser parler sa musique... Et on ne peut que les
comprendre lors que le groupe lance "Helleluyah
!!! (God is dead)". Déjà tube
en puissance en version studio, le morceau prend
encore plus d'ampleur en live notamment grâce à son
refrain monumental. "Wings" autre titre
de "Litany" se charge de conclure un concert
court, certes, mais d'une incroyable densité.
La formation polonaise quitte rapidement
les lieux laissant le public orphelin de
rappel pourtant
attendu.



Dotée d'une excellente affiche, composée
de premières parties judicieusement choisies,
ainsi que d'une organisation sans faille (les prestations
des groupes s'enchaînant même un peu
trop rapidement) cette seconde date française
de la tournée de Vader, qui mérite
amplement sa place parmi les meilleurs groupes de
death au vu de la prestation qu'il a délivré ce
soir là, aura marqué un
public lorrain en manque de manifestation
de ce
calibre.