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UNITED FORCES OF ROCK 2
Concert du 01 octobre 2006
- ROCKFABRIK Ludwigsburg (All.)
- par Franck Leber -

C’est la 2ème édition du United Forces of Rock qui nous est proposé en ce premier dimanche d'Octobre, toujours organisé par Frontiers Records, Escape Music et AOR Heaven. Comme l'an passé, l'organisation fut irréprochable mais un gros bémol va ternir ce beau festival, eu égard à l'affiche proposée : le son beaucoup trop fort qui a perturbé nos oreilles du début à la fin, hélas !

LOVECHILD

Ce jeune groupe allemand a la lourde tâche d'ouvrir et malheureusement un jeu trop académique, une batterie trop en avant et particulièrement agaçante, sans oublier un son trop brut, vont nous déplaire par ses mélodies trop stéréotypées et un hard rock très brouillon. Ce n'est qu'un essai non transformé et avec ce chant limite typiquement germanique dans le mauvais sens du terme, on ne pouvait s'emballer. Laissons-leur une chance de s'améliorer et de persévérer avec la sortie de leur futur premier album !

BLOODBOUND

Ce jeune groupe suédois est arrivé dans le monde des métalleux cette année avec un 1er album intitulé Nosferatu qui fut salué par les adeptes de ce style. Leur métal mélodique englué dans une bouillie sonore ne nous a pas convaincu, d'autant plus que la voix et les instruments sont trop forts au niveau du son. Malgré les efforts du chanteur qui donnera du rythme à son show et toujours plus d'ampleur à sa voix, elle restera trop aigue et trop en avant pour stimuler notre enthousiasme. Quand on pense que le bassiste du groupe n'est autre que Fredrik Bergh, le talentueux compositeur et musicien du groupe Street Talk, qui a sorti des albums mélodiques de haute volée, on reste sans voix !

GARY BARDEN


© Photo Eric Ouaknin

Enfin du mélodique, oserai-je écrire, car après les 2 premiers groupes sans saveur et franchement insipides, nous étions en droit d'attendre un peu de rock et de feeling ! Le sieur BARDEN s'est employé à redorer le blason de ce UFOR2, par un côté plus rock, plus enlevé et son show fut nettement plus brillant que ces prédécesseurs. Sa voix claire, posée, son charisme évident, le son un peu moins brut et plus accessible à nos oreilles, des mélodies reconnaissables, de la couleur et enfin un peu d'AOR, tout cela a contribué à lancer ce UFOR2 sur de meilleurs rails, même si les basses toujours un peu trop envahissantes ont modulé notre ardeur et notre enthousiasme. GARY BARDEN s'est bien lâché et sa prestation honorable nous a bien réconforté, nous en avions besoin. L'ex chanteur de Praying Mantis, qui poursuit sa carrière en solo (tout en ayant largement contribué à Silver) a chanté 4 des titres de son dernier album "Agony & The Xtasy" comme le titre "Let me down", mélodique à souhait et très apprécié. So long Gary !!!

Play list Gary Barden : Hot daze – Can't stop dreaming – Let me down – No more reasons – Cry for the nations – Attack of the mad – On and on – Armed and ready

KIP WINGER


© Photo Eric Ouaknin

C'est en acoustique que le maître va assurer à mort et qui plus est, seul sur scène pendant près d'une heure, devant un parterre ravi. Sa voix d'or se marie très bien avec ses compositions rythmées, toutes en finesse, racées et sa naturelle dextérité ressort à chaque accord de guitare, instrument qu'il manie à la perfection. C'est à ce moment-là que l'on réalise l'étendue du pouvoir de séduction du chanteur, quand il nous délivre ses riffs excellents, soutenus par une voix à nulle autre pareille. Le festival est véritablement lancé par l'Américain, soucieux de se donner à fond et de contenter un public très attentif et participatif. Le show du maître est tout bonnement énorme avec un punch, une vitalité extraordinaire, le monsieur en a sous la pédale ! Il nous gratifie des énormes titres que sont "Seventeen", "Madalaine" ou "Headed for a heartbreak" du fameux album de 1988 intitulé Winger et autres "Cross", "Free" (déjà sorti en 1988) de "Songs from the ocean floor" album de 2001.

Play list Kip Winger : Cross - Who's the one – Steam – Free - Headed for a heartbreak - Rainbow in the rose - Blind revolution mad – Daniel - Easy come easy go – Madalaine - Down incognito – Seventeen - Miles away

DANNY VAUGHN


© Photo Eric Ouaknin

L'arrivée du chanteur mythique de Tyketto est saluée comme il se doit. Et le chanteur va nous montrer tout au long de sa prestation, une présence, une adéquation AOR à son style impeccable et plein de puissance. La voix chaude, gorgée d'émotions va ravir les fans présents en nombre, par ses compositions pleines d'énergie et de qualité. DANNY VAUGHN va se démener de façon très performante et donne la pleine mesure de ce hard rock mélodique très prisé aujourd'hui en Allemagne, précisons-le ! Sa voix toujours à la hauteur, rarement prise en défaut, a le don de vous faire frémir et le public complètement acquis à sa cause va bien le lui rendre par un soutien sans faille. Certes les compositions mélodiques un peu linéaires de ses albums peuvent paraître un peu molles (titres de "From the inside" notamment) mais toujours à l'aise, Danny va emmener le public au délire avec le fameux must de Tyketto le titre incontournable et époustouflant "Forever young" repris par tous : le classique des classiques fait toujours fureur !!!

MAD MAX


© Photo Eric Ouaknin

Emmené par Michael Voss, le groupe allemand, adulé ici, commence son show de façon énergique et avec passion, mais très vite une ballade (étonnant, non ?) vient bercer nos oreilles, toujours sensibles et malgré le son beaucoup trop fort, MAD MAX introduit là un peu de douceur et de sensibilité à ce hard rock bien germanique, mélodique, bien huilé certes mais pas très original. Il faut toujours montrer l'exemple et MAD MAX gardera le cap de ce hard rock brut sans fioritures jusqu'au bout, mais avec le bémol suivant : les interventions de Michael Voss entre les titres sont vraiment agaçantes pour ce hard rock avant tout stéréotypé qui ne nous inspire pas de longs développements. Une 2ème ballade viendra ensuite mettre encore un peu de calme dans ce déluge de riffs et de puissance inutiles. Beaucoup d'efforts de la part de ce groupe pour convaincre mais pas de réelle flamme ni de titre imposant. La voix de Michael Voss est difficilement supportable et finit par lasser à la longue. Qu'importe, ici à Ludwigsburg, le groupe est soutenu par son public, c'est bien là l'essentiel !!!

HOUSE OF LORDS


© Photo Eric Ouaknin

Un des moments forts de ce UFOR2 fut la performance de HOUSE OF LORDS revenu cette année sur le devant de la scène mélodique avec "World upside down", leur nouvel album qui marque un retour aux sources, les leurs, les seules, les vraies !!! La grosse présence au micro de James Christian qui donne un ton résolument rock à ce set époustouflant de punch et de vigueur est une des clés de ce moment exceptionnel. Sa voix rauque colle à merveille à cette musique vive, endiablée constitués de titres entraînants dont 4 sont issus de leur 1er album ("Pleasure Palace", "I Wanna Be Loved", "Edge Of Your Life" sans oublier l'énorme "Love don't lie", interprété de main de maître avec un aplomb extraordinaire, quels frissons!) et 3 du 2ème opus "Sahara" ("Chains of love", "Can't find my way home" et "Sahara"). Les seigneurs du rock mélodique sont bel et bien là avec un James Christian qui ne perd pas de temps lui en palabres inutiles, il chante et le fait si bien que la salle tout entière est remplie d'aise. A 100 à l'heure, le groupe fait tout de même une pause quand James prend la guitare pour exécuter "Can't find my way home", au feeling palpable et qui fera fureur. Les titres du dernier album sont tout aussi remarquables comme "These are the times", "Rock Bottom" ou "I'm free" et montrent bien que le groupe a de la ressource et continue sa route mélodique de façon constructive. Hélas le set beaucoup trop court nous laissera sur notre faim car même les rappels prévus furent écourtés. Mais HOUSE OF LORDS a fortement marqué de son empreinte cette deuxième édition du UFOR !!!

Play list House Of Lords : Sahara – Talkin bout love – Love don't lie – Chains of love – Rock bottom – Edge of your life – All the way to heaven – I wanna be loved – These are the times – Can't find my way home – I'm free – Pleasure palace – Encores : Inside you - Gone

PRETTY MAIDS


© Photo Eric Ouaknin

Le groupe danois est LA déception de ce UFOR2 car après une retard conséquent au démarrage et un début plus que laborieux avec un problème de synchronisation du son, nous semble-t-il, Ronnie Atkins se lance pour un show complètement raté à notre goût : son toujours mauvais car trop poussé, voix limite et titres peu éloquents, avec notamment un "Love games" complètement massacré. C'est du rentre-dedans pur et simple, les musiciens ne rendant qu'une pâle copie de ce qui a fait leur force dans le passé. Manque de rythme, de mélodies, Ronnie Atkins qui s'égosille en vain et qui cause trop, bref avec les nouveaux titres du futur nouvel album, on ne peut pas dire que PRETTY MAIDS nous a convaincu ce soir ! Rien de bien reluisant et mêmes les fameux "Future world" et "Red, hot and heavy" ne sont que le pâle reflet de leur lustre d'antan. Le seul point positif est la longueur du set : 3/4 d'heure, amplement suffisant pour nos oreilles fatiguées !!!

FAIR WARNING


© Photo Eric Ouaknin

Et alors là, l'événement tant attendu par nous tous, le show de FAIR WARNING, qui mit 1 h avant de monter sur scène (encore des problèmes de son !) mais qui nous montra par son énergie et son allant un professionnalisme éloquent. Tommy Heart lâché dans l'arène, plus rien ne l'arrêta et nous eûmes droit à 16 titres dont 5 du 1er album éponyme, le must du hard rock mélodique allemand, 3 de Rainmaker, 3 de Go ! , 2 de Four, les 2 autres étant "Children eyes" et "Still I believe". L'impression que l'on retire de ce set est la grande qualité musicale notamment due aux solos excellents je dirai même époustouflants du sieur Helge Engelke, qui nous plonge là au cœur même des albums de FAIR WARNIING, avec une acuité sonore cette fois exceptionnelle. Certes Tommy Heart le chanteur à la voix caractéristique, superbe au demeurant, ne faiblira pas et invitera le reste du public à participer à ces titres hyper mélodiques, que nous avons en tête depuis plus d'une décennie maintenant. Le bonheur complet, je vous dis, d'entendre enfin en live ces "Save me", "Burning heart" ou autre "Don't give up", tous des merveilles de ce hard rock mélodique authentique, façonné par nos chers musiciens. Un seul bémol : un seul titre du dernier album "Brother's keeper" le superbe "Generation Jedi", mais un espoir celui de les revoir sur scène avec une autre set list plus axée sur ce dernier album, qui sait ? !

Play list Fair Warning : Angels of heaven - Save me - Generation Jedi - Out on the run - Longing for love - Take me up - Long gone - The love song - Children eyes - I fight - Still I believe - Don't give up - Burning heart - Get a little closer - When love fails - Encore : Man on the moon

Un dernier mot pour conclure : si l'an passé nous étions tout frémissants et conquis d'avance par une liste de groupes éloquents, cette année, malgré la présence de FAIR WARNING , de HOUSE OF LORDS, de KIP WINGER, de DANNY VAUGHN pour ne citer que les plus marquants, le festival n'a pas eu l'ampleur et la logistique voulus. Le son trop fort et trop brouillon a perturbé les shows et il faut espérer que ce problème ne se renouvellera pas l'an prochain. Merci à nos amis allemands organisateurs de ce superbe festival, unique en son genre, ne l'oublions pas !!!


 

©Copyrights @ AntithEtik September 2003