Content d’être de retour dans ce temple du prog aux allures de saloon, je me faufile parmi la centaine de personnes réunie ce soir pour voir de plus près ces phénomènes que sont Beardfish : 4 (très) jeunes Suédois qui jouent un prog rock rétro extrêmement inspiré et original. Comme le dit ce bon Mike Portnoy, "on se croirait de nouveau en 1973 !" Effectivement, campé timidement derrière son orgue Hammond, Rikard, la tête pensante du groupe, nous fait ce soir une démonstration de son immense talent de multi-instrumentiste et de vocaliste émouvant. Hormis un batteur avare en sourires – timidité encore ? – les deux autres musiciens s’en donne à cœur joie et jouent avec leurs tripes. Un set d’une grande émotion qui rend hommage et magnifie la musique complexe, riche et intime de Beardfish. Andy Tillison est même invité aux claviers sur un morceau – mélange des générations qui s’unissent par amour pour la même musique !

Beardfish

Beardfish

Beardfish
Des suédois encore montent à leur tour sur scène : Ritual. En 15 ans de carrière et 5 disques, Ritual jouit d’un solide réputation quant à la qualité de son prog folk expérimental. Patrick Lundström, frontman charismatique, déborde d’énergie et de joie d’être là. Proposant un set mi-électrique, mi-acoustique folk, Ritual impose le respect par la richesse et la folie de sa musique, illustrée par la ribambelle d’instruments traditionnels utilisés : Fredrik Lindqvist jongle avec les flûtes, son bouzouki et sa basse. Le batteur Johan Nordgren virevolte avec ses percussions diverses et variées et sa nyckelharpa (violon à touches traditionnel suédois).

Ritual

Ritual

Ritual
Pour clore la soirée, Andy Tillison alias The Tangent est venu présenter son nouvel et monumental album mi-disque, mi-livre "Not as Good as the Book". Le seul British de la tournée, comme il le déplore avec humour, Andy s’adresse au public wallon dans un excellent français. Accompagné de 3 excellents musiciens, dont le très drôle et pince-sans-rire Jonas Reingold, il nous livre un set impeccable – marqué par un l’oubli d’un passage entier d’un morceau, mais qu’il tourne naturellement en dérision. On a même droit à un concours de déclarations en français entre Jonas et le guitariste Chris Jonsson – victoire de Reingold avec un monumental "la vache qui rit" ! Vous l’aurez compris, même chez les progueux de haut vol on sait déconner ! Qualité et bonne humeur furent les maîtres mots de ce soir.

The Tangent

The Tangent

The Tangent
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