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SABATON + THUNDERBOLT + HEVIUS + ELEVENTH PLAGUE
Concert du 15 mai 2007 - La Scène Bastille (Paris)
- par Jean-Baptiste -

Les aléas et autres subtilités relatifs à l'organisation des concerts à Paris rivalisent souvent avec le grotesque, du moins lorsque l'on n'en est que simple témoin. Ainsi, à Paris, une des dates les plus attendues certainement par Sabaton sur leur première tournée en headliner, on compte quatres formations sur l'affiche. Ce qui divise d'autant le temps de jeu des groupes, et réduit le set de Sabaton à 55 minutes... Tout cela pour des questions de rentabilité, qui rendent l'opération fructueuse pour l'organisation, mais légèrement frustrante pour les fans auxquels on impose des premières parties de seconde zone.


ELEVENTH PLAGUE © Matthieu APPERT

Eleventh Plague ouvre ainsi le bal, avec son heavy speed qui rappelle fortement les débuts de Viper, avec des morceaux rapides, une voix très haut perchée pour un spectacle honnête. Les guitares se livrent à de beaux duels, y a du talent c'est indéniable, mais comme chez la plupart des jeunes groupes, le jeu de scène est à revoir, et ça manque de charisme et de sérieux, notamment quand on s'adresse au public. Les blagues de potache s'enchaînent, le rire bête chanteur efface tout ce qu'on pouvait penser en bien de sa voix, et on n'attend qu'une chose : qu'ils se taisent et jouent !

Hevius prend le relais, son metal mélodique en français sous le bras, et si ça fleure toujours bon l'amateurisme, ils font tout de même preuve de plus de maîtrise et de métier que leurs prédécesseurs. Inspirée de Sonata Arctica ou Manigance, leur production est dans la moyenne, mais reste désservie par des parties de claviers souvent trop faciles, et quelques imprécisions techniques coupables et irritantes. Le sextet se fend cependant d'une reprise de "Wherever I May Roam" de Metallica avec assez de réussite pour convaincre le public présent ce soir dont une partie clairement acquise à leur cause.


THUNDERBOLT © Matthieu APPERT


THUNDERBOLT © Matthieu APPERT

Place aux pros ! Thunderbolt débarque de leur Norvège natale avec un true metal musclé et sans fioritures qui trouve son efficacité dans la justesse de ses refrains et l'agressivité de ses riffs assassins. Le combo nous offre les meilleurs titres de ses deux premiers opus, sans temps morts ni transitions superflues. La réponse du public reste mitigée, les morceaux étant difficilement abordables pour les néophytes et le groupe, assez intimidant relèguent les premiers spectateurs à deux mètres de la scène. Pourtant le frontman fait tout pour séduire, se proposant de faire chanter la foule, mais rien à faire : l'accueil est poli, sans plus.

SABATON © Matthieu APPERT


SABATON © Matthieu APPERT

SABATON © Matthieu APPERT


SABATON © Matthieu APPERT

Une demi-heure et puis s'en vont, l'ambiance monte d'un cran, le public se colle à la scène et l'intro retentit, pendant que débarquent les six suédois, nouvelles idoles du public français, pratiquement élevées aux rangs de phénomènes ces derniers mois à la faveur d'albums explosifs et de prestations scénique pertinentes et sympathiques. C'est "Metalizer" qui ouvre le show, avec son refrain taillé pour les concerts, et donne l'occasion aux fans de tester leurs cordes vocales. Dans la foulée, Joakim Broden, qui porte son traditionnel platron, annonce le premier "classique" : "Panzer Battalion", et là ça y est : la salle est chaude !! Le groupe est assez statique, seuls le chanteur et le bassiste font quelque peu le spectacle, mais l'effet prend tout de suite. Ces hymnes simples et fédérateurs ne doivent avoir que la scène comme raison d'être. Cette unité d'élite est au point, les tubes s'enchaînent, majoritairement issus des deux premiers opus. Les spectateurs se manifestent, invités par le groupe à taper dans leurs mains ou à reprendre les refrains, et c'est une vraie fête à laquelle on assiste. Si les influences sont traditionnelles, Sabaton reste résolument moderne, le concept et les intentions ont tout pour attirer un large et jeune public. "Into The Fire", "Attero Dominatus" ou "Primo Victoria" sont autant de bombes sur lesquels un bon headbang s'apparente au minimum syndical. En bonus, "A Light In The Black" de "Attero Dominatus" s'invite dans la setlist, un bon titre qui change des roquettes mode double-pédale auxquelles Sabaton nous habitue. Enfin le medley "Metal Machine / Metal Crüe" achève un concert beaucoup trop court, sans rappel, à l'issue duquel on se fait mettre dehors sans ménagement par du personnel aimable comme des culs... Frustrant et contrariant, cette fin est un déchirement pour les fans, et dénote un manque cruel de crédibilité. On nous avait habitués à tellement mieux dans cette salle, c'est dommage.


SABATON © Matthieu APPERT

Souhaitons à Sabaton que leur succès ne soit pas qu'un feu de paille, car ce groupe est simple et dispo, et qu'il agit comme un vent frais sur la scène metal, même si son passage à la Scène Bastille s'est plus apparenté à une rapide bourrasque...


 

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