Les
aléas et autres subtilités relatifs à l'organisation
des concerts à Paris rivalisent souvent
avec le grotesque, du moins lorsque l'on n'en est
que simple témoin. Ainsi, à Paris,
une des dates les plus attendues certainement par
Sabaton sur leur première tournée
en headliner, on compte quatres formations sur
l'affiche. Ce qui divise d'autant le temps de jeu
des groupes, et réduit le set de Sabaton à 55
minutes... Tout cela pour des questions de rentabilité,
qui rendent l'opération fructueuse pour
l'organisation, mais légèrement frustrante
pour les fans auxquels on impose des premières
parties de seconde zone.

ELEVENTH PLAGUE © Matthieu APPERT
Eleventh Plague ouvre
ainsi le bal, avec son heavy speed qui rappelle
fortement les débuts
de Viper, avec des morceaux rapides, une voix très
haut perchée pour un spectacle honnête.
Les guitares se livrent à de beaux duels,
y a du talent c'est indéniable, mais comme
chez la plupart des jeunes groupes, le jeu de scène
est à revoir, et ça manque de charisme
et de sérieux, notamment quand on s'adresse
au public. Les blagues de potache s'enchaînent,
le rire bête chanteur efface tout ce qu'on
pouvait penser en bien de sa voix, et on n'attend
qu'une chose : qu'ils se taisent et jouent !
Hevius prend
le relais, son metal mélodique
en français sous le bras, et si ça
fleure toujours bon l'amateurisme, ils font tout
de même preuve de plus de maîtrise
et de métier que leurs prédécesseurs.
Inspirée de Sonata Arctica ou Manigance,
leur production est dans la moyenne, mais reste
désservie par des parties de claviers souvent
trop faciles, et quelques imprécisions techniques
coupables et irritantes. Le sextet se fend cependant
d'une reprise de "Wherever I May Roam" de
Metallica avec assez de réussite pour convaincre
le public présent ce soir dont une partie
clairement acquise à leur cause.

THUNDERBOLT © Matthieu APPERT

THUNDERBOLT © Matthieu APPERT
Place
aux pros ! Thunderbolt débarque de
leur Norvège natale avec un true metal musclé et
sans fioritures qui trouve son efficacité dans
la justesse de ses refrains et l'agressivité de
ses riffs assassins. Le combo nous offre les meilleurs
titres de ses deux premiers opus, sans temps morts
ni transitions superflues. La réponse du
public reste mitigée, les morceaux étant
difficilement abordables pour les néophytes
et le groupe, assez intimidant relèguent
les premiers spectateurs à deux mètres
de la scène. Pourtant le frontman fait tout
pour séduire, se proposant de faire chanter
la foule, mais rien à faire : l'accueil
est poli, sans plus.
SABATON © Matthieu
APPERT

SABATON © Matthieu
APPERT
SABATON © Matthieu
APPERT

SABATON © Matthieu
APPERT Une
demi-heure et puis s'en vont, l'ambiance monte
d'un cran, le public se colle à la scène
et l'intro retentit, pendant que débarquent
les six suédois, nouvelles idoles du public
français, pratiquement élevées
aux rangs de phénomènes ces derniers
mois à la faveur d'albums explosifs et de
prestations scénique pertinentes et sympathiques.
C'est "Metalizer" qui ouvre le show,
avec son refrain taillé pour les concerts,
et donne l'occasion aux fans de tester leurs cordes
vocales. Dans la foulée, Joakim Broden,
qui porte son traditionnel platron, annonce le
premier "classique" : "Panzer Battalion",
et là ça y est : la salle est chaude
!! Le groupe est assez statique, seuls le chanteur
et le bassiste font quelque peu le spectacle, mais
l'effet prend tout de suite. Ces hymnes simples
et fédérateurs ne doivent avoir que
la scène comme raison d'être. Cette
unité d'élite est au point, les tubes
s'enchaînent, majoritairement issus des deux
premiers opus. Les spectateurs se manifestent,
invités par le groupe à taper dans
leurs mains ou à reprendre les refrains,
et c'est une vraie fête à laquelle
on assiste. Si les influences sont traditionnelles,
Sabaton reste résolument moderne, le concept
et les intentions ont tout pour attirer un large
et jeune public. "Into The Fire", "Attero
Dominatus" ou "Primo Victoria" sont
autant de bombes sur lesquels un bon headbang s'apparente
au minimum syndical. En bonus, "A Light In
The Black" de "Attero Dominatus" s'invite
dans la setlist, un bon titre qui change des roquettes
mode double-pédale auxquelles Sabaton nous
habitue. Enfin le medley "Metal Machine /
Metal Crüe" achève un concert
beaucoup trop court, sans rappel, à l'issue
duquel on se fait mettre dehors sans ménagement
par du personnel aimable comme des culs... Frustrant
et contrariant, cette fin est un déchirement
pour les fans, et dénote un manque cruel
de crédibilité. On nous avait habitués à tellement
mieux dans cette salle, c'est dommage.

SABATON © Matthieu APPERT Souhaitons à Sabaton que
leur succès
ne soit pas qu'un feu de paille, car ce groupe
est simple et dispo, et qu'il agit comme un vent
frais sur la scène metal, même si
son passage à la Scène Bastille s'est
plus apparenté à une rapide bourrasque...
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