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PAGAN FEST – NEMETON + HEOL TELWEN + WARGASM + ELUVEITIE + AES DANA + NEGURA BUNGET - Concert du 16 décembre 2006 – La Loco, Paris
- par Akaasha - Photos : Akaasha -

Il est 15h quand la Loco nous ouvre ses portes pour un après-midi et une soirée consacrés au Pagan Metal. En ce samedi 16 décembre, bon nombre de metalleux attendait déjà depuis quelques temps devant la salle sous la pluie. A ma grande surprise, suite apparemment à quelques problèmes techniques c’est la Petite Loco qui accueillera les groupes. C’est donc dans le sous-sol confiné et obscur que le public se rend.


Nemeton


Nemeton

A 15h30, des mecs assez singuliers se pointent sur la scène, bien décidés à commencer ce Pagan Fest comme il se doit. Arborant des drapeaux et des corpse-paints bleus sur le torse, les Bretons de Nemeton débutent leur show. Ils nous livrent un metal celtique teinté de black et de thrash assez sympathique. Mais leur passage sera surtout marqué par leur côté théâtral et l’énergie qu’ils dégageaient. Après cette bourrasque bretonne, un court entracte permet au gens d’aller un peu respirer à l’étage du dessus. La petite Loco, sombre redevient calme.


Heol Telwen

Soudain le silence est rompu par un air de flûte. Le magnifique air d’"An Deiz Ruz" résonne dans la salle tel un enchantement, et Heol Telwen arrive. Le groupe commence alors une prestation magique et n’auront pas grand mal à conquérir tout le public. Un point d’honneur notamment au chanteur qui a étonné par sa polyvalence, alternant chant, guitare, bombarde au gré des mélodies. Heol Telwen a mis le feu ce soir là, faisant même danser le public.


Wargasm


Wargasm

Suite à l’engouement qu’a provoqué Heol Telwen, les Parisiens de Wargasm avaient un grand défi à relever. Le style était très différent de l’atmosphère magique d’Heol Telwen, et le public fut un peu moins enjoué par leur prestation. Pourtant les compositions de leur album "Manhunt", rythmées par les grognements caractéristiques du chanteur, étaient agréables et les musiciens très motivés, plein de bonne humeur, n’hésitant pas à délirer avec le public. On entendait fréquemment des "Simon, je t’aime !" émanant d’amis à eux qui pour l’occasion leur servaient de fan-club officiel. Leur grand cadeau fut une reprise de Dissection, sympathique bien qu’un peu brouillon par moment.


Aes Dana


Aes Dana

Vraisemblablement, une bonne partie du public était là pour Aes Dana, et quand enfin la grande banderole à l’effigie du groupe a été placée à l’arrière de la scène, la tension est montée. Pourtant, ce fut pour beaucoup une déception. Non pas que le groupe ait mal joué, loin de là. Leur set a été comme on a pu l’espérer remarquable et empreint de mysticisme celtique avec en grande partie des morceaux de "Formor". Mais le malaise émanait de la froideur de leur prestation. Entre chaque morceau, le chanteur n’a pas décroché un mot à l’égard du public, à peine un timide merci à la fin. Pas de rappel non plus, et un sentiment de désorganisation tout au long du set. La raison en est sûrement le changement tout récent de line-up et les divers problèmes que le groupe a rencontré dernièrement. Seule la magnifique bassiste a mis un peu d’ambiance et a, apparemment, fait rêvé une grande part du public masculin.


Eluveitie


Eluveitie

Heureusement pour nous, une surprise de taille nous attendait juste après, et cette surprise s’appelait Eluveitie. Ce fut la grande baffe de la soirée pour moi et pour beaucoup de gens présents ce soir. A peine la bande arrivée sur scène, avec leur allure de viking et leur bonne humeur, les Suisses n’ont pas tardé à enflammer la foule. La musique était tout ce qu’il y avait de plus folklorique et entraînant, le son black se mariant à merveille avec la flûte traversière, le violon et autre instruments traditionnels. Le chanteur, avec un faux air de Max Cavalera, débordait d’énergie, tout comme la violoncelliste qui, je ne sais comment, headbangait, bougeait et chantait tout en jouant. Le public était ravi, certains n’hésitant pas à danser en cercle, autour d’un feu imaginaire, emportés par les morceaux extraits de "Spirit". Une vraie ambiance pagan ! Mais au moment de partir, le public en voulait encore et ce fut avec un plaisir immense que les Suisses sont revenus après un rappel nous enchanter de 2 titres supplémentaires.


Negura Bunget

Le dernier groupe à se produire ce soir a fait figure d’extra-terrestre. On se doutait que le folklore transylvanien serait différent de la festivité celtique, et c’était le moins qu’on puisse penser. Negura Bunget a laissé une impression bizarre. Son charismatique chanteur, parlant anglais avec un bel accent roumain, hypnotisait littéralement le public de sa voix profonde entre chaque morceau. La musique était très particulière, mystique voire occulte. Son côté sombre et lugubre était parfaitement en adéquation avec le sous-sol dans lequel on se trouvait. Chacun a bien pu se rendre compte à quel point le folklore de l’est est ténébreux. Des parties de black se heurtaient à des passages de chants clairs en ancien roumain et à des interludes atmosphériques qui en devenaient parfois étourdissants. Ce groupe, bien que très original et sûrement un des plus technique du festival, aurait à mon avis, fait plus d’effet dans un concert d’Opeth, ou en début de Pagan. En effet, le fait que Negura Bunget passe à la fin a accentué le contraste entre ce groupe et les autres, et c’est peut-être la raison qui a fait que certains ont bien moins accroché.

A 22h, tout le monde pensait que la fête touchait à sa fin, mais c’était sans compter sur l’énergie inconsumable des divers musiciens. Les porte-drapeaux de Nemeton et la cornemuse d’Heol Telwen ont improvisé une petite fête païenne dans la loco, et les gens ont commencé à danser comme dans un Fest-Noz. Je suis passée voir les gars de Wargasm qui continuaient de faire rire la galerie, ayant recours à toutes les stratégies pour faire leur promo. La brève discussion que j’ai eue avec m’a confirmé leur simplicité et leur bonne humeur. Après quoi j’ai accouru auprès du chanteur d’Eluveitie le saluer pour la prestation de son groupe. Je ne fus pas la seule à avoir apprécié la disponibilité de chaque groupe, et c’est en général l’avantage de ce genre de concert. La bonne ambiance aura régné du début à la fin dans ce Pagan Fest qui fut plein de surprises, et le public y a lui-même aussi beaucoup contribué. La salle m’avait fait un mauvais effet au début et on y voyait parfois mal (forcément quand il n’y a que des grands mecs), mais elle avait un son vraiment impeccable. Un grand bravo aux organisateurs en tout cas !


 

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