[ Accueil ]
[ Chroniques ] [ Interviews ] [ Live Reports ] [ News ] [ Liens ] [ Concerts ] [ Forum ] [ Guestbook ]

 

Bienvenue sur AntithEtik WebZine.
connecté(s)



pub


NECROPHAGIST + MISERY INDEX + ORIGIN + DISKREET
Concert du 1er mars 2007 – La Scène Bastille (Paris)
- Par Jehovad -

Interview de ORIGIN au bas de cette page.

Les quelques 300 personnes rassemblées ce soir savent très bien ce à quoi elles s’attendent : une telle affiche ne peut qu’augurer une soirée de brutalité ultime…

Venus tout droit du Kansas, et se joignant à l’affiche pour leur deuxième date, c’est Diskreet qui ouvre le bal avec leur brutal death à structures complexes, bien exécuté et qui ne manque pas de faire naître les prémices d’un pogo : mission accomplie donc pour ces jeunes bûcherons à suivre de près…


ORIGIN © Jehovad


ORIGIN © Jehovad


ORIGIN © Jehovad


ORIGIN © Jehovad


ORIGIN © Jehovad

Soudain, l’atmosphère devient franchement bouillante et tout le monde s’approche pour voir de plus près le phénomène que l’on attend depuis longtemps et qui nous fait enfin l’honneur de venir ravager notre beau continent : Origin. Résultat : les alléchantes vidéos You Tube ne sont rien en comparaison de ce qu’Origin délivre en live. Malgré une intoxication alimentaire la veille qui a mis quelques musiciens un peu dans le coletard et oblige le chanteur et le batteur à garder un sac plastique à portée de main, le public se prend une déferlant de brutalité inhumaine, sans aucun répit. Un pogo se déclenche instantanément sous l’œil satisfait du costaud "Freight Train" James. Chacun des trois musiciens est un spectacle à lui seul, que ce soit Paul qui parcoure son manche de guitare sans s’arrêter une seconde tout en poussant ponctuellement ses hurlements de chauve-souris ou bien Mike et son jeu de basse épileptique. Enfin, John, la vedette incontestée, atomise son kit avec son jeu complètement démentiel.


MISERY INDEX © Jehovad


MISERY INDEX © Jehovad


MISERY INDEX © Jehovad

Place ensuite à Misery Index pour un brutal death core plus conventionnel mais non moins efficace, taillé pour la scène à en croire la réaction des bourrins qui se tabassent gaiement en laminant régulièrement le dos du premier rang dont votre serviteur meurtri fait partie. Malgré un Jason lui aussi sévèrement touché par la salade de fruit empoisonnée de la veille au point d’avertir les premiers rangs qu’ils se trouvent dans la "vomit zone», le groupe rempli aisément sa part du brutal contrat. Là aussi les morceaux s’enchaînent sans répit, le son envoie et tout le monde est ravi.


NECROPHAGIST © Jehovad


NECROPHAGIST © Jehovad


NECROPHAGIST © Jehovad

Pour conclure cette soirée de poésie, Necrophagist revient pour promouvoir une seconde fois son "Epitaph" et en remettre une bonne couche. Le ténébreux maestro Muhammed prend son poste, flanqué de jeunes disciples pour interpréter les monuments que sont chaque morceau de Necrophagist. Servi par un très bon son qui permet se suivre un minimum ce qui se passe, les allemands achèvent l’assistance avec leur brutal death ultra technique et d’une précision chirurgicale. Non content du travail de malmener sa guitare avec force solos et riffs tueurs, Muhammed s’avère être aussi un chanteur redoutable à la voix qui ferait passer Dark Vador pour une pucelle enrouée !

Une bien belle soirée, éprouvante pour le cerveau qui a été mis à rude épreuve ce soir, mais un tel rassemblement de figures dominantes du métal extrême mondial justifiait bien quelques milliers de neurones liquéfiés…



Interview de ORIGIN avec Paul RYAN (guitare) :

(Interview réalisée en novembre 2005)


Jehovad et James (Origin)

Enfin vous voici en Europe ! Pourquoi seulement maintenant ??

Ça faisait longtemps qu’on attendait aussi. En fait, on a eu plusieurs fois des offres de tournées, mais à chaque fois ça finissait par tomber à l’eau. Je ne citerai pas de noms ni ne groupes, mais il s’agissait souvent d’histoires de contrats, trouver les promoteurs prêts à nous organiser des concerts… Pour cette tournée, nous bossons avec Avocado Europe. Jusqu’à présent ça se passe très bien…

Donc, vous n’êtes pas venu avant à cause de plans foireux…

On disait oui, puis les agences concernées ne donnaient pas suite… Ensuite, on est tombé sur cette agence de booking et Relapse pensait qu’on pouvait leur faire confiance…

Cette tournée compte 35 dates d’affilée ! Comment faîtes-vous pour survivre ?

On a déjà fait presque 60 shows de suite aux Etats-Unis, donc on a l’habitude. On a fait en tout une 15aine de tournées, donc on a pris l’habitude. Et puis ce n'est pas vraiment possible d’avoir des day-offs. La meilleure chose à faire c’est de foncer sans s’arrêter…
On a déjà tourné beaucoup. Au début, c’est toujours un peu dur, surtout les 3 premiers jours de cette tournée-ci. Mais, plus tu joues plus ça va vite, on joue de mieux en mieux.
On s’habitue aux changements d’environnement : chaque jour un nouvel endroit. On a déjà fait plein de tournées aux USA. Même si c’est un pays différent, c’est la même chose.

Quelles différences avez-vous remarqué en tournée entre l’Europe et les Etats-Unis (public, accueil, conditions, etc…) ?

Les clubs sont plus réceptifs ici ; on est mieux accueillis. On a tourné un max depuis quelques années ; à un moment on a du stopper. Maintenant on a un bon paquet de fans, donc on peut tourner en tête d’affiche. L’accueil a été vraiment génial ici en Europe ; les gens nous ont dit combien ils étaient impatients de nous voir, dans des lettres, des emails... Sur presque chaque date, des groupes sont venus nous voir ; je ne savais pas qu’ils écoutaient Origin. Des groupes comme 1349, Belphegor, Benediction… Ils sont venus nous témoigner leur respect…

Des groupes français ?

Je ne connais pas vraiment de groupes français…
Contrairement aux Etats Unis, les groupes sont plus importants que les clubs, ici. Les organisateurs un peu plus respectueux. Mais nos fans américains sont très bien aussi ; je n’ai pas à me plaindre.

Quels sont vos projets après cette tournée ?

On travaille sur un nouvel album. On cherche aussi un second guitariste. Pour la tournée on n’est que 4, mais on préfère être 5. Le prochain album sortira sur Relapse. On n’a pas de pression autre que nos emplois du temps persos… ça devrait être pour début 2008…
Quelques chansons ont déjà été écrites ; nous sommes très satisfaits du résultat. C’est un peu différent, on essaie de faire quelque chose de nouveau à chaque fois, rester "en tête du peloton"… Il nous faut toujours trouver un nouveau truc spécial. Là, je sais pas si on peut faire plus brutal que ce qu’on fait actuellement… Sur les nouveaux morceaux, on a des trucs plus "grandioses", des sonorités plus amples. Hier, on déconnait avec le batteur de Necrophagist : lui, il ne veut que des arpèges et des "gravity blasts" (trucs de bourrin, NDJ) sur l’album! Mais je lui ai dit que ça ne serait pas que ça tout le long… On essaie de travailler des nouvelles techniques ; on ne peut pas s’arrêter d’être brutaux non plus, ça ne serait pas bien. J’adopte différents angles pour composer. J’écoute tous les grands groupes, j’essaie d’avoir un mélange des deux : death et grind. On essaie d’être Origin, simplement.

C’est toi le compositeur principal, alors…

Je suis le compositeur principal mais les autres contribuent, bien sûr. Je contribue aussi sur les différents instruments ; mais chacun apporte sa griffe. Chacun apporte sa propre personnalité de musiciens dans la musique d’Origin. Je m’amène avec un riff ou un rythme de batterie, puis ils finissent par ajouter leur propre touche.

Qu’est-ce qui t’a amené à jouer une musique aussi monstrueuse ???

J’ai grandi en suivant l’évolution du metal ; j’écoutais du thrash, du punk rapide. Iron Maiden, Motley Crue, ensuite Celtic frost, Slayer, Possessed, Venom. D’autre part, DRI, Cryptic Slaughter… Après j’ai découvert Napalm Death ; au début je pouvais à peine supporter tellement je trouvais ça extrême ! Ensuite, je me suis intéressé aux groupes Earache, Roadrunner… Je tends à me dissocier des groupes actuels ; j’aime pas ; j’y trouve pas d’intérêt… Bref, j’ai commencé à écouter des groupes de plus en plus heavy. Puis j’ai joué dans des groupes avant Origin ; on était des bons musiciens, mais sans la partie "business". Les clubs ne voulaient pas nous faire jouer car on était trop extrême ; il faut être accepté commercialement. Alors on jouait dans des fêtes privées ; j’ai joué quelques années avec des gars, puis on s’est séparés. En 1998, j’ai monté un line-up avec des mecs avec qui j’avais jammé avant pour former Origin. Pour nous faire un nom, il nous fallait quelque chose de spécial ; il y avait tant de clones. Les plus fort survivent ; la deuxième génération est arrivée, les faibles disparaissent… On a aussi des hybrides avec des versions édulcorées… Nous, on essaie de faire quelque chose de différent, avec notre touche perso. On cherchait à extraire la brutalité de la musique… A l’époque j’étais un peu plus en colère que maintenant… Mais chaque album a été différent ; la scène était différente en 1998, les solos n’étaient pas très cool On écrivait en conséquence : staccato, un son rythmique, très orienté sur la batterie. Puis la scène a commencé à changer, la musique devenait plus rapide : on a écrit "Informis", très brutal, staccato, avec un peu plus de mélodie, même si on en a pas beaucoup… Des arpèges, etc… car la scène s’orientait par là. Après "Informis", on voulait faire quelque chose de nouveau, d’inédit ; tout le monde voulait un album encore plus brutal, plus technique, complètement cinglé…bon, ok : tout à fond, tout au maximum. Ce n'est pas quelque chose de facile à apprécier. Quand j’entends tous ces nouveaux groupes, j’ai besoin d’écouter plusieurs fois la musique si ce n'est pas moi qui l’écrit. On cherche pas à être dans le top 10 des ventes ; on est là pour faire notre musique, pas les merdes commerciales et réchauffées qu’on entend en ce moment. On essaie juste de faire quelque chose de différent. Les grands groupes Américains se commercialisent pour plaire davantage. Ça craint. Je préfère faire autre chose plutôt que perdre mon intégrité, chanter sur les filles…

Comment vois-tu l’avenir du death ? Quels sont les groupes qui t’ont marqué récemment ?

Je ne veux pas faire de la vitesse juste pour la vitesse. Il y aura toujours plus brutal, plus rapide. Origin est connu comme un des plus brutaux… J’aimerais évoluer dans l’écriture plutôt que de considérer juste le facteur vitesse. Faire des chansons complètement folles. J’essaie de proposer des choses nouvelles à chaque album. Certains aiment le 1er album mais pas les suivants, d’autres c’est "Echoes". Chacun trouve son compte dans chaque album… On joue un set qui couvre toute notre disco. Ce qui m’intéresse, c’est d’évoluer en tant que compositeur, toujours proposer des nouveautés. La scène death metal… il y en a tant, ça dépend de ce que tu recherches. Dans les trucs très techniques, il y a Anomalous, qui utilise boîte à rythmes (www.myspace.com/anomalousmetal); en grind, il y a The Crypts ( ?) : c’est du grind extrême, féroce. J’aime Napalm, Gorgasm, des groupes super brutaux avec lesquels on a joué.… Moral Decay (www.myspace.com/moraldecay) et plein de groupes locaux qui ouvraient pour nous sur la dernière tournée. Sur cette tournée-ci, on a une belle affiche : Origin : du grind féroce, brutal et technique ; Misery Index : du bon grind qui tue ; Necrophagist et leur death ultra précis, axé autour des gammes. On a eu Burning Skies de Bristol qui étaient bons aussi, et maintenant Diskreet qui apporte aussi des choses intéressantes. Il y a plein de bonnes choses qui sortent, même trop pour tout suivre. A part toutes ces merdes commerciales à la TV, du metal pour débutants… Mais quelque part c’est une bonne chose : je pense pas que je pourrais commencer à écouter du Origin directement, sans avoir écouté de metal avant. Mais ça plait aux jeunes qui, plus tard, comprendront peut être qu’il y a plus que ça…chanter à propos des filles, comme tous ces groupes dans Headbangers Ball.

Que penses-tu d’une coopération entre Origin et un orchestre symphonique, comme Dream Theater ou Metallica ???

J’ai joué de l’alto quand j’étais plus jeune, d’où le côté sombre, staccato de ma musique.
Ma mère jouait de la batterie. Je n'ai pas trop aimé Metallica avec l’orchestre symphonique…
Moi, j’ai bien aimé Malmsteen. Pour Origin, j’y ai jamais pensé…ça pourrait être intéressant… Faut que j’y réfléchisse… J’écris de la musique en dehors d’Origin.
Il y a d’autres musiques que j’aime jouer. Je ne suis pas uniquement une brute sans cœur qui qui mange du "sandwich à la haine" (sic) à longueur de journée… J’aime jouer de la musique tout court. De la guitare classique au speed à la Malmsteen des 80s façon "shred".
J’écris de la musique tout seul, mais ça n’irait pas sur un album d’Origin.

Avez-vous d’autres activités que le groupe ?

La musique est à peu près tout ce que je fais. John a enregistré le prochain Angel Corpse. Ça ne nous pose pas de problème qu’il coopère avec d’autres groupes ; Origin est redevenu son groupe principal. Ces groupes ne tournent pas autant que nous. Pour Mike, c’est son seul groupe. En ce qui me concerne, pour l’instant, je n’ai pas besoin de composer avec d’autres gens. On va faire moins de tournées, ça s’est sûr. Dès qu’on commence à dire non, dès que ça devient vraiment un boulot, c’est tout de suite moins marrant… vaut mieux arrêter. Maintenant les shows qu’on nous propose sont plus important, mieux payés donc au lieu de tourner 5 fois par an 1 fois par an. C’est mieux pour nous.

ORIGIN website: www.origin-site.com

 


 

©Copyrights @ AntithEtik September 2003