Enfin vous voici en Europe ! Pourquoi seulement
maintenant ??
Ça faisait longtemps qu’on attendait
aussi. En fait, on a eu plusieurs fois des offres
de tournées, mais à chaque fois ça
finissait par tomber à l’eau. Je ne
citerai pas de noms ni ne groupes, mais il s’agissait
souvent d’histoires de contrats, trouver
les promoteurs prêts à nous organiser
des concerts… Pour cette tournée,
nous bossons avec Avocado Europe. Jusqu’à présent ça
se passe très bien… Donc,
vous n’êtes pas venu avant à cause
de plans foireux… On
disait oui, puis les agences concernées
ne donnaient pas suite… Ensuite, on est tombé sur
cette agence de booking et Relapse pensait qu’on
pouvait leur faire confiance… Cette
tournée compte 35 dates d’affilée
! Comment faîtes-vous pour survivre ? On
a déjà fait presque 60 shows
de suite aux Etats-Unis, donc on a l’habitude.
On a fait en tout une 15aine de tournées,
donc on a pris l’habitude. Et puis ce n'est
pas vraiment possible d’avoir des day-offs.
La meilleure chose à faire c’est de
foncer sans s’arrêter…
On a déjà tourné beaucoup.
Au début, c’est toujours un peu dur,
surtout les 3 premiers jours de cette tournée-ci.
Mais, plus tu joues plus ça va vite,
on joue de mieux en mieux.
On s’habitue aux changements d’environnement
: chaque jour un nouvel endroit. On a déjà fait
plein de tournées aux USA. Même si
c’est un pays différent, c’est
la même chose. Quelles
différences avez-vous remarqué en
tournée entre l’Europe et les Etats-Unis
(public, accueil, conditions, etc…) ? Les
clubs sont plus réceptifs ici ; on
est mieux accueillis. On a tourné un max
depuis quelques années ; à un moment
on a du stopper. Maintenant on a un bon paquet
de fans, donc on peut tourner en tête d’affiche.
L’accueil a été vraiment génial
ici en Europe ; les gens nous ont dit combien ils étaient
impatients de nous voir, dans des lettres, des
emails... Sur presque chaque date, des groupes
sont venus nous voir ; je ne savais pas qu’ils écoutaient
Origin. Des groupes comme 1349, Belphegor, Benediction… Ils
sont venus nous témoigner leur respect… Des
groupes français ? Je
ne connais pas vraiment de groupes français…
Contrairement aux Etats Unis, les groupes sont
plus importants que les clubs, ici. Les organisateurs
un peu plus respectueux. Mais nos fans américains
sont très bien aussi ; je n’ai pas à me
plaindre. Quels
sont vos projets après cette tournée
? On
travaille sur un nouvel album. On cherche aussi
un second guitariste. Pour la tournée on
n’est que 4, mais on préfère être
5. Le prochain album sortira sur Relapse. On n’a
pas de pression autre que nos emplois du temps
persos… ça devrait être pour
début 2008…
Quelques chansons ont déjà été écrites
; nous sommes très satisfaits du résultat.
C’est un peu différent, on essaie
de faire quelque chose de nouveau à chaque
fois, rester "en tête du peloton"… Il
nous faut toujours trouver un nouveau truc spécial.
Là, je sais pas si on peut faire plus brutal
que ce qu’on fait actuellement… Sur
les nouveaux morceaux, on a des trucs plus "grandioses",
des sonorités plus amples. Hier, on déconnait
avec le batteur de Necrophagist : lui, il ne veut
que des arpèges et des "gravity blasts" (trucs
de bourrin, NDJ) sur l’album! Mais je lui
ai dit que ça ne serait pas que ça
tout le long… On essaie de travailler des
nouvelles techniques ; on ne peut pas s’arrêter
d’être brutaux non plus, ça
ne serait pas bien. J’adopte différents
angles pour composer. J’écoute tous
les grands groupes, j’essaie d’avoir
un mélange des deux : death et grind. On
essaie d’être Origin, simplement.
C’est
toi le compositeur principal, alors… Je
suis le compositeur principal mais les autres
contribuent, bien sûr. Je contribue aussi
sur les différents instruments ; mais chacun
apporte sa griffe. Chacun apporte sa propre personnalité de
musiciens dans la musique d’Origin. Je m’amène
avec un riff ou un rythme de batterie, puis
ils finissent par ajouter leur propre touche. Qu’est-ce qui t’a amené à jouer
une musique aussi monstrueuse ??? J’ai grandi en suivant l’évolution
du metal ; j’écoutais du thrash, du
punk rapide. Iron Maiden, Motley Crue, ensuite
Celtic frost, Slayer, Possessed, Venom. D’autre
part, DRI, Cryptic Slaughter… Après
j’ai découvert Napalm Death ; au début
je pouvais à peine supporter tellement je
trouvais ça extrême ! Ensuite, je
me suis intéressé aux groupes Earache,
Roadrunner… Je tends à me dissocier
des groupes actuels ; j’aime pas ; j’y
trouve pas d’intérêt… Bref,
j’ai commencé à écouter
des groupes de plus en plus heavy. Puis j’ai
joué dans des groupes avant Origin ; on était
des bons musiciens, mais sans la partie "business".
Les clubs ne voulaient pas nous faire jouer car
on était trop extrême ; il faut être
accepté commercialement. Alors on jouait
dans des fêtes privées ; j’ai
joué quelques années avec des gars,
puis on s’est séparés. En 1998,
j’ai monté un line-up avec des mecs
avec qui j’avais jammé avant pour
former Origin. Pour nous faire un nom, il nous
fallait quelque chose de spécial ; il y
avait tant de clones. Les plus fort survivent ;
la deuxième génération est
arrivée, les faibles disparaissent… On
a aussi des hybrides avec des versions édulcorées… Nous,
on essaie de faire quelque chose de différent,
avec notre touche perso. On cherchait à extraire
la brutalité de la musique… A l’époque
j’étais un peu plus en colère
que maintenant… Mais chaque album a été différent
; la scène était différente
en 1998, les solos n’étaient pas très
cool On écrivait en conséquence :
staccato, un son rythmique, très orienté sur
la batterie. Puis la scène a commencé à changer,
la musique devenait plus rapide : on a écrit "Informis",
très brutal, staccato, avec un peu plus
de mélodie, même si on en a pas beaucoup… Des
arpèges, etc… car la scène
s’orientait par là. Après "Informis",
on voulait faire quelque chose de nouveau, d’inédit
; tout le monde voulait un album encore plus brutal,
plus technique, complètement cinglé…bon,
ok : tout à fond, tout au maximum. Ce n'est
pas quelque chose de facile à apprécier.
Quand j’entends tous ces nouveaux groupes,
j’ai besoin d’écouter plusieurs
fois la musique si ce n'est pas moi qui l’écrit.
On cherche pas à être dans le top
10 des ventes ; on est là pour faire notre
musique, pas les merdes commerciales et réchauffées
qu’on entend en ce moment. On essaie juste
de faire quelque chose de différent. Les
grands groupes Américains se commercialisent
pour plaire davantage. Ça craint. Je préfère
faire autre chose plutôt que perdre mon intégrité,
chanter sur les filles… Comment
vois-tu l’avenir du death ? Quels
sont les groupes qui t’ont marqué récemment
?
Je
ne veux pas faire de la vitesse juste pour la
vitesse. Il y aura toujours plus brutal, plus
rapide. Origin est connu comme un des plus
brutaux… J’aimerais évoluer
dans l’écriture plutôt que
de considérer juste le facteur vitesse.
Faire des chansons complètement folles.
J’essaie
de proposer des choses nouvelles à chaque
album. Certains aiment le 1er album mais pas
les suivants, d’autres c’est "Echoes".
Chacun trouve son compte dans chaque album… On
joue un set qui couvre toute notre disco. Ce
qui m’intéresse, c’est d’évoluer
en tant que compositeur, toujours proposer
des nouveautés. La scène death
metal… il
y en a tant, ça dépend de ce
que tu recherches. Dans les trucs très
techniques, il y a Anomalous, qui utilise boîte à rythmes
(www.myspace.com/anomalousmetal);
en grind, il y a The Crypts ( ?) : c’est
du grind extrême,
féroce. J’aime Napalm, Gorgasm,
des groupes super brutaux avec lesquels on
a joué.… Moral
Decay (www.myspace.com/moraldecay) et
plein de groupes locaux qui ouvraient pour
nous sur la
dernière tournée. Sur cette tournée-ci,
on a une belle affiche : Origin : du grind
féroce,
brutal et technique ; Misery Index : du bon
grind qui tue ; Necrophagist et leur death
ultra précis,
axé autour des gammes. On a eu Burning
Skies de Bristol qui étaient bons aussi,
et maintenant Diskreet qui apporte aussi des
choses intéressantes.
Il y a plein de bonnes choses qui sortent,
même
trop pour tout suivre. A part toutes ces merdes
commerciales à la TV, du metal pour
débutants… Mais
quelque part c’est une bonne chose :
je pense pas que je pourrais commencer à écouter
du Origin directement, sans avoir écouté de
metal avant. Mais ça plait aux jeunes
qui, plus tard, comprendront peut être
qu’il
y a plus que ça…chanter à propos
des filles, comme tous ces groupes dans Headbangers
Ball. Que
penses-tu d’une coopération
entre Origin et un orchestre symphonique, comme
Dream
Theater ou Metallica ??? J’ai joué de l’alto quand j’étais
plus jeune, d’où le côté sombre,
staccato de ma musique.
Ma mère jouait de la batterie. Je n'ai pas
trop aimé Metallica avec l’orchestre
symphonique…
Moi, j’ai bien aimé Malmsteen. Pour
Origin, j’y ai jamais pensé…ça
pourrait être intéressant… Faut
que j’y réfléchisse… J’écris
de la musique en dehors d’Origin.
Il y a d’autres musiques que j’aime
jouer. Je ne suis pas uniquement une brute sans
cœur qui qui mange du "sandwich à la
haine" (sic) à longueur de journée… J’aime
jouer de la musique tout court. De la guitare classique
au speed à la Malmsteen des 80s façon "shred".
J’écris de la musique tout seul, mais ça
n’irait pas sur un album d’Origin. Avez-vous
d’autres activités que
le groupe ? La
musique est à peu près tout ce
que je fais. John a enregistré le prochain
Angel Corpse. Ça ne nous pose pas de problème
qu’il coopère avec d’autres
groupes ; Origin est redevenu son groupe principal.
Ces groupes ne tournent pas autant que nous. Pour
Mike, c’est son seul groupe. En ce qui me
concerne, pour l’instant, je n’ai pas
besoin de composer avec d’autres gens. On
va faire moins de tournées, ça s’est
sûr. Dès qu’on commence à dire
non, dès que ça devient vraiment
un boulot, c’est tout de suite moins marrant… vaut
mieux arrêter. Maintenant les shows qu’on
nous propose sont plus important, mieux payés
donc au lieu de tourner 5 fois par an 1 fois par
an. C’est mieux pour nous.
ORIGIN
website: www.origin-site.com
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