Les fans n'osaient en rêver, et pourtant, deux légendes du heavy metal l'ont fait ! Laissant de côtés les rancœurs passées, et faisant fi des statuts de chacun, Helloween et Gamma Ray se retrouvent sur la même affiche pour une tournée européenne. Si ce sont les premiers nommés qui arrivent sur la capitale en headliner, la foule parisienne n'oublie pas que sans Hansen, les citrouilles les plus célèbres de la scène metal n'auraient pas connu une telle notoriété, et Gamma Ray n'existerait simplement pas.

AXXIS
Pour dérouler le tapis rouge à ces deux mythes, on retrouve les allemands d'Axxis, révélés à la France au Raismes Fest 2006, et accompagnés sur cette tournée par Anna, la chanteuse de Magica. Une nouvelle fois, le temps d'une mise en bouche, Axxis va mettre dans sa poche un Elysée Montmartre pratiquement plein. Mêlant au sein d'une setlist trop courte succès récents ("Tales Of Glory Island" ou "Take My Hand") et tubes d'un autre temps ("Kingdom Of The Night" pour finir), le quintet et son invitée spéciale marquent les esprits et récoltent un accueil chaleureux. L'addition d'André Hilgers à la batterie (Rage, Silent Force) et d'un tout jeune guitariste timide mais diablement doué apportent un petit plus au son d'Axxis, alors que la vocaliste bien en chair va au contraire plomber les lignes vocales... N'est pas Lakonia qui veut ! Bernhard, l'atout séduction (artistiquement parlant) du groupe est déchaîné, la "Bernie's dance" est de sortie, et la voix bien en place. Un seul morceau du dernier album, "Doom Of Destiny", sera interprété, set raccourci oblige, à notre grand dam. Notons que le lendemain, c'est sur deux classiques, "Touch The Rainbow" et "Little Look Back" que Axxis quittera la scène sous les acclamations soutenues d'un public tout acquis.

GAMMA RAY

GAMMA RAY

GAMMA RAY

GAMMA RAY
Armés d'un nouvel album parmi les meilleurs de leur discographie, Gamma Ray se joint donc à cette tournée de rêve. "Land Of The Free Pt. 2", acclamé à raison, n'aura que peu de place sur la setlist des allemands, mais cet album aura été la meilleure publicité possible pour le groupe. C'est sur "Heaven Can Wait" que débarquent Kai Hansen, son bonnet et ses accolytes. Sous des éclairages de bon coût et devant un backdrop gigantesque, le retour du rayon en terre dyonisienne sonne comme une délivrance. Avec une énergie et un plaisir manifestes, et devant un parterre de fans digne des têtes d'affiche les plus incontestables, les hits s'enchaînent, épluchant les disques phares du combo. Comment ne pas succomber aux "Heavy Metal Universe", "Somewhere Out In Space" ou encore les plus récents "Fight" ou "New World Order" ? Faisant largement participer le public, Kai teste encore avec succès son immense popularité, et gagne par sa simplicité et son style particulier l'adhésion des néophytes ou autres sceptiques. Il se livre avec Henjo à des duels de guitare de ceux qu'on ne peut qu'observer avec admiration, et ne ménage ni sa voix ni sa peine. "Empress", "Real World" et "Into The Storm" prouvent avec brio que les nouveaux titres sont assimilés et taillés pour la scène. Dire que l'accueil du public est au niveau serait un euphémisme. La reprise d'Helloween, "Ride The Sky", fait un carton, tout comme le rappel "Send Me A Sign" et son refrain repris en choeur par l'Elysée. C'est sur une ultime ovation que Gamma Ray savoure son triomphe, et que Kai Hansen quitte la scène tout sourire, nous laissant éprouvés, et sur une sensation de quasi-satiété... et encore, le plus gros reste à venir.

HELLOWEEN
HELLOWEEN
HELLOWEEN

HELLOWEEN
Une scène à deux niveaux, une grande palissade, une batterie en hauteur, une gigantesque roulette : des éléments de l'artwork de "Gambling With The Devil" grandeur nature qui plantent le décor du show à venir, très attendu par une audience émoussée mais impatiente. Et c'est sur un morceau des plus copieux de son répertoire que Helloween débute son set : "Halloween" et ses douze minutes de heavy metal à tiroirs, qui comble les fans de la première heure, et déroute visiblement les autres. Heureusement, si cet apéritif est quelque peu indigeste, "March Of Time" puis "Sole Survivor" vont remettre la soirée sur les bons rails ! Les refrains sont puissants et éprouvent nos cordes vocales, les soli précis et nos teutons affutés et enthousiastes... autant qu'un Michael Weikatz peut l'être du moins ! Les incontournables s'enchaînent, issus d'une carrière tellement riche qu'un seul concert ne saurait en faire le tour. "Eagle Fly Free", "A Tale That Wasn't Right", "Dr Stein" ou encore "If I Could Fly", au même titre que le quart d'heure de "King For 1000 Years", récoltent un effet boeuf. Les nouveaux morceaux ne sont pas en reste, et trouvent grace auprès de la foule de connaisseurs : "As Long As I Fall" et "The Bells Of The Seven Hells" que les vocaux agressifs de Deris transcendent en live. La mise en scène est étudiée, on a droit à une parodie de Guignol dans un décor de marionettes, et un petit interlude aussi apprécié que pathétique, ponctué d'une petite reprise de "Smoke On The Water" stoppée à temps par la mitraillette de Michael Weikatz... tout en finesse ! Si l'humour des allemands est d'un niveau et d'un intérêt contestables, leur répertoire est tellement énorme dans tous les sens du terme qu'il faut un medley pour caser quelques classiques de plus : "Perfect Gentleman", "I Can" ou "Keeper Of The Seven Key", au refrain chanté a capella par le public, finissent de combler la foule, qui n'attend toutefois que les rappels du soir, eux qui réservent une surprise depuis longtemps éventée... Après quelques minutes, les lumières se rallument sur une scène soudain surpeuplée : Helloween et Gamma Ray reprennent ensemble deux classiques, "Future World" et "I Want Out", avec chant partagé entre Deris et Hansen. Un vrai grand moment d'histoire, et un instant de complicité entre ces musiciens formidables à l'attitude irréprochable. Quelle meilleure façon de clore cette soirée ? Les visages des spectateurs parlent d'eux-mêmes, l'euphorie est palpable, et la salle est conquise.

HELLOWEEN
Voilà un événement qui a tenu toutes ses promesses, et une affiche qui s'est montrée à la hauteur des immenses attentes du public parisien. Les deux soirs, une salle pleine comme un œuf a démontré sa fidélité et son attachement à ces deux monstres du heavy, qui n'ont vraiment et décidément rien à s'envier. |