A
affiche exceptionnelle, moyens exceptionnels
: cette année, pas moins trois « brutal
reporters de l’extrême » (Akaasha,
DrakeiN et Jehovad)
ont conjugué leurs
efforts pour vous proposer un compte-rendu
le plus complet possible de ces trois jours
de folie furieuse.
Excusez les éventuelles maladresses
et autres déséquilibres stylistiques – nous
avons choisi d’enchâsser les travaux
individuels les uns dans les autres pour un
suivi plus ordonné des différentes
prestations. Bonne lecture…
Liste
des interviews réalisées durant
le fest :
-
Interview Scarve
- Interview Dream Theater
-
Interview Korpiklaani
- Interview
Type O Negative
- Interview
Hatebreed
- Interview
Megadeth
PROLOGUE
- JEUDI 21 JUIN, NANTES
Il
est midi et le ciel est plus que gris au-dessus
de la ville de Nantes. Dans environ vingt-quatre
heures le Hellfest ouvrira ses portes et à la
vue des nuages au-dessus de ma tête,
je crains le pire…
C’est l’heure de me rendre à Clisson
pour ma première journée (et nuit)
au camping. En arrivant sur les lieux, je remarque
déjà un grand changement au niveau
de la structure. En espérant qu’il
n’en aura pas été de même
pour le site en lui-même, je m’installe
et passe une première nuit… arrosée
(dans les deux sens du terme héhé…)
! Il me tarde alors d’être au lendemain,
que je redoute malgré tout !
VENDREDI
22 JUIN, CLISSON
 Il
est 13h quand j’arrive devant l’entrée
du site qui accueille pour la deuxième fois
consécutive le Hellfest. Ce n’est
pas des portes ouvertes mais une interminable queue
qui m’accueille alors. Apparemment due à un
problème technique, l’attente de près
de 4h commence à échauffer la foule.
Les moins patients hurlent des insultes, les moins
sérieux crient des noms de chanteurs de
variété française, les moins
sobres, des coreux pour la plupart, vont jusqu’à se
promener nus… Les étrangers hallucinent
un peu devant l’anarchie à la française,
dont le ton avait déjà été donné au
camping, tandis qu’une bande de Vikings scandinaves,
des bières à la main, mettent de
l’ambiance et font passer le temps. Un peu
avant 17h je passe enfin la sécurité,
visiblement débordée, et je m’engouffre,
un nœud au ventre, sous la croix géante
qui sert d’entrée au fest.
Ne connaissant Secrets
Of The Moon que de réputation,
c’est uniquement par curiosité que
j’assiste à cette prestation. Les
morceaux s’étalant sur des durées
assez longues, seul trois extraits du dernier album, « Carved
In Stigmata Wounds », nous sont présentés
(« Ghost », « Seraphim Is Dead » et « Lucifer
Speaks »). Le son approximatif me laisse
perplexe mais le chanteur/guitariste, Shammash
Golden, y met toute sa bonne volonté et
rend son black metal, aux ambiances lourdes et
sombres, un minimum attrayant. Je repars donc assez
indécis sur ce groupe. Sans doute le genre
de set qui s’apprécie pleinement quand
on connaît un minimum les morceaux. En tout
cas, ils ont au moins réussi à me
donner l’envie d’écouter ce
qu’ils valent sur album.
Ainsi,
le premier concert auquel je peux assister
est celui de The Set Up, sur la
Discover Stage
(DS - la seule sous un chapiteau), combo
qui propose
un hardcore assez conventionnel mais au moins bien fait et débordant
d’énergie. Hardcore toujours pour Unearth sur la Gibson Stage
(GS), de taille intermédiaire. Pour ce que j’en ai vu, Ufych Sormeer
(DS) donne dans un heavy power assez inspiré et moderne. Direction la
Main Stage (MS), où Mastodon doit braver quelques problèmes techniques
de guitares à plusieurs reprises, ce qui casse malheureusement le rythme
de leur show. N’ayant pas de comparaison possible hormis un DVD live,
je trouve néanmoins que leur prestation manque un peu de chaleur et
d’énergie. Aussitôt fini le set de Mastodon, Earth Crisis
(GS) balance les premiers accords de son hardcore hargneux qui semble récolter
la faveur des pogoteux. Hatebreed (MS) donne la preuve de sa popularité toujours
grandissante avec une grosse affluence des festivaliers. Jamey Jasta communique énormément
avec le public et le met aisément dans sa poche. Résultat : du « jump
from back to front, side to side » à tout va. Excellente prestation.
Le culte Brutal Truth (GS) est de retour, mais il est difficile d’apprécier
son grindcore déstructuré, dont l’effet se veut probablement
destructeur, mais qui, en réalité, ne sonne pas vraiment. Résultat
médiocre. C’est alors l’heure du grosse baffe assénée
par les incontournables Machine Head (MS). Robb Flynn est, selon moi, un des
meilleurs showmen du metal, généreux dans ces adresses au public,
même si son discours aujourd’hui s’articule beaucoup autour
des réjouissances éthyliques : « Saaantééé,
motherfuckers ! Saaantééé ! » hurle-t-il une dizaine
de fois en brandissant sa Heineken. Le show est surpuissant, comme à l’accoutumée,
axé sur des morceaux très longs, deux extraits du dernier, « The
Blackening », ainsi que « Imperium » ou « Descend the
Shades of Night ». Le monumental et atemporel « Davidian » enfonce
le clou une bonne fois pour toutes. En remplacement de Mayhem (Hellhammer s’est
récemment cassé le bras) Enslaved (GS) a été convié à la
dernière minute, choix judicieux à en croire la réaction
du public. Les Norvégiens délivrent un très bon spectacle,
même si je n’accroche définitivement pas leur musique trop épurée
et qui sonne vraiment comme un pagan de seconde zone. Le plus gros nom de ce
festival (sur l’affiche) est Slayer (MS) : en toile fond l’affreuse
peinture de leur dernier album et seize gamelles Marshall de chaque côté de
la batterie : sobre et classique, comme un concert de Slayer. Aucune surprise
encore une fois : toujours les mêmes morceaux, les mêmes mouvements,
les mêmes attitudes… C’est ainsi que Slayer force le respect
depuis vingt ans. Tom Araya a tout de même une remarque intelligente,
en dédicaçant son « Mandatory Suicide » à tous
les jeunes soldats en guerre et « qui ne devraient pas y être ».
Pour conclure la soirée dans le ultra classique et prévisible
- et sans remarque intelligente attendue - Cannibal Corpse (GS) déboule
avec son (brutal ?) death implacable et remporte aussi les faveurs, grâce à son
statut de groupe culte.

Enslaved

Cannibal Corpse

Machine Head
En
m’avançant vers la Gibson Stage, je ne m’attendais pas à avoir
l’une des plus grandes surprises de ce fest. Moi qui n’adule pas
vraiment les albums de Cannibal Corpse, je dois avouer que je m’attendais à un
show sympathique mais sans plus. J’étais assez loin de la vérité.
Tout commence quand je vois le chanteur arriver avec un cou aussi large que
sa tête. L’explication s’en suit assez vite quand le groupe
commence à jouer : George Fisher est effectivement un véritable
pro de l’hélicoptère. Le concert est à son image,
c’est-à-dire entrainant et survolté. Un vrai bon moment
de défoulement ! Les grateux, l’un arborant un T-shirt Hatebreed,
l’autre un Behemoth, assurent plutôt pas mal au niveau de la technique
et de la rapidité.
Ainsi s’achève le premier jour du HellFest. Attendez ! Il ne manque
pas quelqu’un à l’appel ?? Mais ouiiiii !!! Korn !!! Les
pauvres Californiens en sucre n’ont pas jugé souhaitable de jouer
ce soir, car la Main Stage n’était pas assez protégée
de la pluie selon eux. Ils ont juste trouvé le moyen d’empocher
une bonne partie de leur cacher et de s’éclipser. L’impressionnante
masse de fans qui s’était amassée devant la Main Stage
durant le set de Cannibal a dû être entendue à 10 kilomètres à la
ronde lorsque la nouvelle leur a été annoncée…
SAMEDI
23 JUIN
Aujourd’hui sera un jour sans pluie, grand
luxe! Et After Forever (MS) ouvre le bal à l’heure,
eux aussi démontrant leur popularité croissante.
Je commence la journée en “douceur” en
suivant le set d’After Forever de loin. Sans
doute avais-je encore la tête dans le coaltar
mais le son me parut vraiment trop fort. Peut-être était-ce
pour paraître plus impressionnant…Malgré ça,
une chose est certaine, les néerlandais
sont impeccablement rodés sur scène.
Les orchestrations symphoniques sont parfaitement équilibrées
par rapport au son et la grande Floor Jansen déballe
un chant splendide.
Cerise sur le gâteau, on aperçoit
le soleil !
Les
parisiens de The Arrs mettent le feu à la
Gibson Stage avec leur hardcore bien tendance.
On passe un cran au-dessus avec les rois de la
route, les incontournables Vader (MS) toujours
bien en place et terriblement efficaces. Dans un
style plus festif mais tout aussi efficace Korpiklaani
(GS) célèbre le folk finlandais allié au
heavy metal – les guitares donnent la réplique à l’accordéon
et au violon pour la plus grande joie de l’assistance.
Carton plein !

Korpiklaani
La
main stage, elle, se prépare à accueillir
Epica. Le groupe a de la renommée et il
en est bien conscient. C’est ce qui saute
aux yeux au vu de l’attitude hautaine de
Simone Simons qui ferait bien mieux de prendre
exemple sur sa consœur d’After Forever.
Le show m’énervant plus qu’autre
chose, je m’en vais avant la fin.
«
Alors bande de bouseux ! ». C’est sur
ces mots doux que le réputé groupe
de negative hardcore parisien investit la Gibson
Stage. Pourtant, Epica n’a pas fini de jouer
et Stephen, le vocaliste, le fait entendre (« Hé,
vos gueules les fiottes là bas ! »).
Eh oui, c’est comme ça avec Kickback,
la communication entre eux et le public se fait
uniquement par insultes et provocations (« Celui
qui frappe ce type là, je lui file un t-shirt
gratos », sérieux, trop fort !). Pour
ceux qui se poseraient des questions, cela a toujours
fait parti du jeu avec eux, après, faut-il
savoir le prendre au bon degré... Enfin
bon, revenons-en à la musique, qui, derrière
ce rideau d’apparence, s’avère à la
fois sombre, brutale et intense. Je n’ai
malheureusement assisté qu’à des
bribes de leur passage (Extrem Market et ravitaillement
obligent), mais le peu m’a suffit pour comprendre
l’ampleur que prenait leur son une fois exécuté en
live.
Plus tard, je m’offre les dernières
minutes de la prestation des vilains Brujeria où les
gringos amassés devant la Main Stage viennent
chercher un délire de machettes et de bandanas,
plus qu’une jouissance musicale. Changement
d’accessoires pour Amon Amarth (MS) : place
aux boucliers et aux cornes à boire vikings.
Le concept, si évocateur alléchant
soit-il, est, à mon avis, desservi par une
musique beaucoup trop conventionnelle. A leur décharge,
les Suédois présentent un plus grand
intérêt en live.
Le groupe suivant,
sur la Gibson Stage, était
certes moins expansif, mais n’en demeurait
pas moins étrange. La musique de Cynic,
gorgée d’influences multiples et respirant
l’originalité, a conquit un public
stupéfait mais ravi de cette atmosphère
planante. Le chanteur a timidement annoncé que
c’était son premier concert en France
avant de recommencer à jouer. Techniquement,
Cynic est impressionnant et s’impose comme
un groupe très riche.

Pain Of Salvation
« Représentant toujours la Suède, mais huit cents ans plus
tard » dixit Daniel Gildenlöw, les prog masters engagés de
Pain of Salvation investissent à leur tour la Main Stage et élargissent
l’éventail des styles de metal présents sur cette magnifique
affiche 2007. Un très bon show de la part de mes chouchous, même
s’ils ne semblent pas faire l’unanimité auprès du public
purement metal. Ben oui, PoS, c’est quand même un peu plus que ça… En
parlant d’éclectisme, d’ouverture d’esprit et d’engagement,
est-il besoin de rappeler que les infatigables vétérans Napalm
Death (GS) passent en tornade afin de montrer qu’ils sont toujours les
maîtres de la folie furieuse sur scène : là où certains
ont besoin de gonfler leurs rangs à grands renforts de percussionnistes
et de choristes, seuls trois anglais énervés et un batteur solidement
harnaché suffisent à transformer quelques centaines de festivaliers
en une tempête de corps humains. Vision d’apocalypse.

Napalm Death
Impossible
de louper l’un des premiers groupes à m’avoir
plongé dans le metal et qui reste, même aujourd’hui, l’un
de mes combos favoris. Ayant eu la chance de les voir deux fois auparavant,
j’avais peur d’être légèrement blasé par
leur intervention. Heureusement, je fus rapidement soulagé de voir que,
Children of Bodom sur scène, ça reste du concentré de
bonheur à l’état pur ! Si leur prestation de l’année
dernière, à Bercy, avait été courte et légèrement
fadasse je gardais, en revanche, des souvenirs exquis de leur passage à l’Elysée
Montmartre, quelques mois plus tôt.
Voici donc un nouveau moment magique à rajouter à ma liste car,
en plus de s’être parfaitement exécuté, le Hate Crew
proposa ce soir, quelques morceaux rares dont le medley, tout bonnement énorme, « Mask
Of Sanity » / « Deadnight Warrior ». Deux de mes morceaux
préférés que je n’avais jamais eu la chance de voir
en live. Rajoutez à cela « Children Of Decadence » et toute
une flopée de classiques empruntés à l’ensemble
de leur discographie (« In Your Face », « Every Time I Die », « Needled
27/7 » et le traditionnel grand final « Downfall »…)
et cela donne le meilleur show de Children Of Bodom auquel j’ai
pu assister.
Entre les harmoniques avec la langue, les poses abusives et les « fuckin’/fucker » à la
ricaine tous les trois mots, la superstar Alexi Laiho s’enfonce de plus
en plus dans son attitude prétentieuse que certains lui racolent. Pour
l’excuser, je dirais que cela contribue à son charme et puis que
cela fait plus sourire qu’autre chose. Donc peu m’importe, moi,
le fan aveugle et dévoué, j’ai totalement été conquis
et comblé par ce qui fut, au final, mon meilleur concert du fest ! (Du
moins c’est ce que je me suis dit jusqu’au show d’Emperor
le Dimanche soir…)
Changement de registre à nouveau et Moonspell lève bien haut
les couleurs du Portugal avec son heavy/black/gothique de très
grande classe. 
Moonspell
Je
reste à la Main Stage même après que COB soit parti, évidemment
il faut garder une bonne place pour Immortal. Ce groupe mythique est très
attendu et ça se voit. On observe avec excitation l’équipe
technique qui met en place les effets pyrotechniques. Le show promet d’être
grandiose. Une explosion retentit soudain et Horgh se dresse fièrement
derrière ses fûts. Le concert commence enfin et les larmes en
viendraient presque aux yeux. Et là, c’est l’incompréhension
générale. Horgh s’arrête et disparaît en coulisse.
Apparemment le groupe a quelques problèmes techniques. Trois fois consécutivement,
Horg va entrer puis ressortir de scène. C’en est trop pour les
fans qui bouillonnent d’impatience. Des rumeurs se lèvent dans
la foule. Immortal va annuler ? Enfin c’est la bonne, Horg joue et Abbath
et Apollyon apparaissent à leur tour. On croirait rêver à voir
ce groupe avec ses inimitables corpse-paints, comme si on avait remonté le
temps. Ils ne sont que trois sur scène mais leur énergie et leur
technique laisse la foule bouche-bée. Abbath est un show-man hors pair,
prenant des poses un peu kitchs à l’image des albums du groupe,
crachant du feu et rendant le public hystérique. Il arrête les
chansons en plein milieu et après un long silence pesant recommence à chanter,
comme s’il s’amusait de l’effet affolant du suspens sur la
foule. Des morceaux comme One by One, Sons of Northern Darkness, Withstand
the Fall of Time et Against The Tide me plongent dans un bonheur indescriptible.
A la surprise générale, Immortal part comme il est venu : brusquement,
sans aucun avertissement et les gens restent sur leur fin malgré ce
show magique.
Le groupe qui succède aux géants norvégiens est tout aussi
attendu. Je ne m’intéressait pas trop à Type O Negative
avant de les avoir vu ce soir là. Ce groupe est totalement déjanté et
m’a impressionné par son charisme, sont ambiance et son humour.
C’était parfait pour une fin de soirée. Le chanteur à la
voix caverneuse et profonde enchantait un public qui planait totalement. Les
membres ont surtout enchaînés les blagues : entre montrer leur
cul, balancer une bouteille de vin dans le public ou encore se moquer les uns
des autres, ils n’en loupaient pas une. Un concert très original
et très surprenant en somme. De quoi mettre en conditions pour bien
dormir… ou bien faire la fête après.
DIMANCHE
24 JUIN
La
fatigue des trois jours commence à se
faire sentir dans les pattes, surtout après
la nuit que je viens de passer. Je préfère
donc entamer cette dernière journée
tranquillement, vers la Discover Stage, là où le
public ne s'empresse pas encore, histoire d'apprécier
comme il se doit, le show de nos petits frenshies
d'Homestell. J'ai, mine de rien, pris une bonne
claque dès le réveil et j'aurai du
m'y attendre car ce n'était pas la première
fois. L'énergie des membres sur scène
ne peut que contribuer à l'efficacité sans
faille de leur deathcore ultra carré et
rentre dedant. Un véritable espoir pour
la scène française, croyez-moi
!
A peine arrivée sur le site, je me rends
compte que ce début de journée est
placée sous le signe du heavy metal avec
des groupes comme Manigance et Heavenly qui font
sérieusement penser à du Edguy. Je
me décide à bouger vers la Gibson
Stage pour voir les Nancéens de Scarve.
Avec un peu d’appréhension, sachant
que le groupe n’avait toujours pas annoncé de
chanteur pour ce fest, le public acclame le groupe
qui entre sur scène. Et là une surprise
monumentale attend les fans car ce n’est
autre qu’El Butcho, chanteur de Watcha, qui
tient le micro pour Scarve. Les réactions
fusent autour de moi, les gens ayant visiblement
du mal à comprendre ce choix qu’ils
trouvent incohérent. Certes, El Butcho n’a
pas vraiment la voix bien death adéquate
pour ce genre de musique. Mais son énergie,
son expérience de la scène et sa
chaleur avec le public furent des atouts de taille.
Finalement la foule s’est plongée
avec joie dans la musique jusqu’à ce
que Dark Tranquillity commence à jouer.
Sur la Gibson Stage, Aborted commence un
show death totalement survolté. Les pogos lancés
par des mecs couverts de faux sang et de masques
chirurgicaux vont bons trains. L’ambiance
est au défoulement. J’essaye tant
bien que mal de ménager mes pauvres cervicales
qui ont eu du mal à se remettre de Cannibal
Corpse et Amon Amarth. Le chanteur amusé par
la foule lance un "Merci à ceux qui
sont venus déguisés en chirurgiens".

Behemoth
Pour
Behemoth, tout commence très mal. Le
groupe a atterri en retard à l’aéroport
et est arrivé in extremis à Clisson
pour son show. Pas le temps de faire la balance
et de tester les instruments, le groupe joue direct.
Comble de la malchance, Nergal a la voix cassée
et lutte pour parler au public. On dit que c’est
dans les mauvais moments qu’on reconnaît
les vrais amis, et bien c’est aussi le cas
pour les bons groupes. Malgré tous ces imprévus
le groupe a assuré son concert d’une
manière magistrale et très professionnelle.
Nergal a chanté comme si de rien n’était
des morceaux magnifiques, en particulier extraits
de Demigod et The Apostasy, jetant des regards
de braise à la foule. Avec un charisme incroyable,
il dégageait un côté très
froid tout en étant proche de son public.
Il n’a pas hésité à raconter
les déboires du groupe et à balancer
quelques blagues sur le caractère "Peace
and Love" de Behemoth, demandant même
ironiquement s’il y avait des Chrétiens
dans la foule. Les Polonais ont impressionné par
leur technique et leur qualité de jeu. Outre
leurs corpse-paints et leurs costumes, ils dégageaient
une présence très forte et imposaient
le respect. Impossible de ne pas être marqué par
le passage de Behemoth.

1349
C’est pourquoi dès la fin je me suis
ruée au stand Metallian pour espérer
avoir une dédicace de Behemoth. La chance était
de mon côté ce jour là décidément
car j’ai eu la chance de voir
aussi Emperor.
Toute chamboulée par mes rencontres inespérés
avec Nergal et Ihsahn, je cours vers la Discover
Stage. Là, sous le chapiteau, les black
metalleux surexcités attendent le groupe
de true venu du froid de la Norvège : 1349.
Le show était à l’image de
ce que j’attendais : violent, survolté,
haineux mais surtout très froid. Le public était
comme en transe, bercé par la musique si
belle et chaotique de 1349. J’ai tenté en
vain de voir si c’était bien Frost
derrière les fûts qui martelait à une
vitesse vertigineuse.
Après ce concert transcendant de true black
metal, mes oreilles ont eu du mal à écouter
la voix claire d’Edguy.

Ihsahn
Je
pars vers l’extrem market. Là-bas
je rencontre avec Glen, bassiste de Gutworm et
fan de metal français. Comme le hasard fait
bien les choses c’est à ce moment
qu’on m’appelle pour interviewer Scarve.
Lui qui en est fan me suit sans hésiter.
Arriver au stand presse, il me présente
Hal, chanteur de Interlock (groupe qui, comme Gutworm
ajoué samedi à la
discover stage).
Après mon interview, je sors voir Dream
Theater qui finit son show devant un public apparemment
conquit même si ce que j’en ai entendu
ne m’a pas transcendé plus que ça.
Le chanteur très chaleureux avait une bonne
présence scénique.
Durant la fin de Dream Theater,
je me faufile l’air
de rien dans la foule histoire d’être
bien placée pour Emperor. La réalité dépasse
mes espérance : j’arrive contre la
barre de sécurité. L’attente
est insoutenable. Les gens crient le nom d’Ihsahn
tandis que la pression monte au fur et à mesure.
Et là, comme pour tester la dévotion
du public, une pluie froide et dense tombe sur
Clisson. Les gens grelottant n’en perdent
pas leur motivation et la folie s’empare
de tous quand le groupe fait son entrée.
Voir Emperor sur scène à quelques
mètres de soi a quelque chose de totalement
irréel et surnaturel. On pense à la
Norvège, à l’Inner Circle et à Euronymous
quand In The Nightside Eclipse résonne,
tel un hymne à sa mémoire. Ihsahn
n’a rien perdu de son charisme, de son mystère
et de sa voix. On se rend vite compte qu’il
est en plus humble et sympathique : "Je sais
que vous êtes mouillés, que vous avez
froids, mais nous sommes contents d’être
là". Le rêve se prolonge et ne
fait que s’amplifier. L’apogée
arrive au moment de l’enchaînement
Inno A Satana, I Am The Black Wizards, Ye Entranceperium.
Ce Hellfest ne pouvait pas mieux finir que de cette
façon, avec le concert grandiose et magistral
d’un groupe de légende. 
Emperor Le
bilan de ce Hellfest est plus que positif niveau
musical, même s’il y a eu de gros problèmes
d’organisation et des annulations. Merci à Ben
de s’être expliqué et excusé juste
avant le show d’Emperor. Un point d’honneur
pour la qualité du son qui était
plus que bonne. Le chalenge maintenant va être
de faire l’an prochain une affiche encore
meilleure que cette année… personnellement
j’en doute.

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