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LIVE REPORT "HELLFEST 2007"
22, 23 et 24 juin 2007, Clisson, France
par
Akaasha, DrakeiN et Jehovad - Photos Akaasha et Jehovad

A affiche exceptionnelle, moyens exceptionnels : cette année, pas moins trois « brutal reporters de l’extrême » (Akaasha, DrakeiN et Jehovad) ont conjugué leurs efforts pour vous proposer un compte-rendu le plus complet possible de ces trois jours de folie furieuse. Excusez les éventuelles maladresses et autres déséquilibres stylistiques – nous avons choisi d’enchâsser les travaux individuels les uns dans les autres pour un suivi plus ordonné des différentes prestations. Bonne lecture…

Liste des interviews réalisées durant le fest :

- Interview Scarve
- Interview Dream Theater
- Interview Korpiklaani
- Interview Type O Negative
- Interview Hatebreed
- Interview Megadeth

PROLOGUE - JEUDI 21 JUIN, NANTES

Il est midi et le ciel est plus que gris au-dessus de la ville de Nantes. Dans environ vingt-quatre heures le Hellfest ouvrira ses portes et à la vue des nuages au-dessus de ma tête, je crains le pire…
C’est l’heure de me rendre à Clisson pour ma première journée (et nuit) au camping. En arrivant sur les lieux, je remarque déjà un grand changement au niveau de la structure. En espérant qu’il n’en aura pas été de même pour le site en lui-même, je m’installe et passe une première nuit… arrosée (dans les deux sens du terme héhé…) ! Il me tarde alors d’être au lendemain, que je redoute malgré tout !

VENDREDI 22 JUIN, CLISSON

Il est 13h quand j’arrive devant l’entrée du site qui accueille pour la deuxième fois consécutive le Hellfest. Ce n’est pas des portes ouvertes mais une interminable queue qui m’accueille alors. Apparemment due à un problème technique, l’attente de près de 4h commence à échauffer la foule. Les moins patients hurlent des insultes, les moins sérieux crient des noms de chanteurs de variété française, les moins sobres, des coreux pour la plupart, vont jusqu’à se promener nus… Les étrangers hallucinent un peu devant l’anarchie à la française, dont le ton avait déjà été donné au camping, tandis qu’une bande de Vikings scandinaves, des bières à la main, mettent de l’ambiance et font passer le temps. Un peu avant 17h je passe enfin la sécurité, visiblement débordée, et je m’engouffre, un nœud au ventre, sous la croix géante qui sert d’entrée au fest.
Ne connaissant Secrets Of The Moon que de réputation, c’est uniquement par curiosité que j’assiste à cette prestation. Les morceaux s’étalant sur des durées assez longues, seul trois extraits du dernier album, « Carved In Stigmata Wounds », nous sont présentés (« Ghost », « Seraphim Is Dead » et « Lucifer Speaks »). Le son approximatif me laisse perplexe mais le chanteur/guitariste, Shammash Golden, y met toute sa bonne volonté et rend son black metal, aux ambiances lourdes et sombres, un minimum attrayant. Je repars donc assez indécis sur ce groupe. Sans doute le genre de set qui s’apprécie pleinement quand on connaît un minimum les morceaux. En tout cas, ils ont au moins réussi à me donner l’envie d’écouter ce qu’ils valent sur album.
Ainsi, le premier concert auquel je peux assister est celui de The Set Up, sur la Discover Stage (DS - la seule sous un chapiteau), combo qui propose un hardcore assez conventionnel mais au moins bien fait et débordant d’énergie. Hardcore toujours pour Unearth sur la Gibson Stage (GS), de taille intermédiaire. Pour ce que j’en ai vu, Ufych Sormeer (DS) donne dans un heavy power assez inspiré et moderne. Direction la Main Stage (MS), où Mastodon doit braver quelques problèmes techniques de guitares à plusieurs reprises, ce qui casse malheureusement le rythme de leur show. N’ayant pas de comparaison possible hormis un DVD live, je trouve néanmoins que leur prestation manque un peu de chaleur et d’énergie. Aussitôt fini le set de Mastodon, Earth Crisis (GS) balance les premiers accords de son hardcore hargneux qui semble récolter la faveur des pogoteux. Hatebreed (MS) donne la preuve de sa popularité toujours grandissante avec une grosse affluence des festivaliers. Jamey Jasta communique énormément avec le public et le met aisément dans sa poche. Résultat : du « jump from back to front, side to side » à tout va. Excellente prestation. Le culte Brutal Truth (GS) est de retour, mais il est difficile d’apprécier son grindcore déstructuré, dont l’effet se veut probablement destructeur, mais qui, en réalité, ne sonne pas vraiment. Résultat médiocre. C’est alors l’heure du grosse baffe assénée par les incontournables Machine Head (MS). Robb Flynn est, selon moi, un des meilleurs showmen du metal, généreux dans ces adresses au public, même si son discours aujourd’hui s’articule beaucoup autour des réjouissances éthyliques : « Saaantééé, motherfuckers ! Saaantééé ! » hurle-t-il une dizaine de fois en brandissant sa Heineken. Le show est surpuissant, comme à l’accoutumée, axé sur des morceaux très longs, deux extraits du dernier, « The Blackening », ainsi que « Imperium » ou « Descend the Shades of Night ». Le monumental et atemporel « Davidian » enfonce le clou une bonne fois pour toutes. En remplacement de Mayhem (Hellhammer s’est récemment cassé le bras) Enslaved (GS) a été convié à la dernière minute, choix judicieux à en croire la réaction du public. Les Norvégiens délivrent un très bon spectacle, même si je n’accroche définitivement pas leur musique trop épurée et qui sonne vraiment comme un pagan de seconde zone. Le plus gros nom de ce festival (sur l’affiche) est Slayer (MS) : en toile fond l’affreuse peinture de leur dernier album et seize gamelles Marshall de chaque côté de la batterie : sobre et classique, comme un concert de Slayer. Aucune surprise encore une fois : toujours les mêmes morceaux, les mêmes mouvements, les mêmes attitudes… C’est ainsi que Slayer force le respect depuis vingt ans. Tom Araya a tout de même une remarque intelligente, en dédicaçant son « Mandatory Suicide » à tous les jeunes soldats en guerre et « qui ne devraient pas y être ». Pour conclure la soirée dans le ultra classique et prévisible - et sans remarque intelligente attendue - Cannibal Corpse (GS) déboule avec son (brutal ?) death implacable et remporte aussi les faveurs, grâce à son statut de groupe culte.


Enslaved


Cannibal Corpse


Machine Head

En m’avançant vers la Gibson Stage, je ne m’attendais pas à avoir l’une des plus grandes surprises de ce fest. Moi qui n’adule pas vraiment les albums de Cannibal Corpse, je dois avouer que je m’attendais à un show sympathique mais sans plus. J’étais assez loin de la vérité. Tout commence quand je vois le chanteur arriver avec un cou aussi large que sa tête. L’explication s’en suit assez vite quand le groupe commence à jouer : George Fisher est effectivement un véritable pro de l’hélicoptère. Le concert est à son image, c’est-à-dire entrainant et survolté. Un vrai bon moment de défoulement ! Les grateux, l’un arborant un T-shirt Hatebreed, l’autre un Behemoth, assurent plutôt pas mal au niveau de la technique et de la rapidité.
Ainsi s’achève le premier jour du HellFest. Attendez ! Il ne manque pas quelqu’un à l’appel ?? Mais ouiiiii !!! Korn !!! Les pauvres Californiens en sucre n’ont pas jugé souhaitable de jouer ce soir, car la Main Stage n’était pas assez protégée de la pluie selon eux. Ils ont juste trouvé le moyen d’empocher une bonne partie de leur cacher et de s’éclipser. L’impressionnante masse de fans qui s’était amassée devant la Main Stage durant le set de Cannibal a dû être entendue à 10 kilomètres à la ronde lorsque la nouvelle leur a été annoncée…

SAMEDI 23 JUIN

Aujourd’hui sera un jour sans pluie, grand luxe! Et After Forever (MS) ouvre le bal à l’heure, eux aussi démontrant leur popularité croissante.
Je commence la journée en “douceur” en suivant le set d’After Forever de loin. Sans doute avais-je encore la tête dans le coaltar mais le son me parut vraiment trop fort. Peut-être était-ce pour paraître plus impressionnant…Malgré ça, une chose est certaine, les néerlandais sont impeccablement rodés sur scène. Les orchestrations symphoniques sont parfaitement équilibrées par rapport au son et la grande Floor Jansen déballe un chant splendide.
Cerise sur le gâteau, on aperçoit le soleil !

Les parisiens de The Arrs mettent le feu à la Gibson Stage avec leur hardcore bien tendance. On passe un cran au-dessus avec les rois de la route, les incontournables Vader (MS) toujours bien en place et terriblement efficaces. Dans un style plus festif mais tout aussi efficace Korpiklaani (GS) célèbre le folk finlandais allié au heavy metal – les guitares donnent la réplique à l’accordéon et au violon pour la plus grande joie de l’assistance. Carton plein !


Korpiklaani

La main stage, elle, se prépare à accueillir Epica. Le groupe a de la renommée et il en est bien conscient. C’est ce qui saute aux yeux au vu de l’attitude hautaine de Simone Simons qui ferait bien mieux de prendre exemple sur sa consœur d’After Forever. Le show m’énervant plus qu’autre chose, je m’en vais avant la fin.
« Alors bande de bouseux ! ». C’est sur ces mots doux que le réputé groupe de negative hardcore parisien investit la Gibson Stage. Pourtant, Epica n’a pas fini de jouer et Stephen, le vocaliste, le fait entendre (« Hé, vos gueules les fiottes là bas ! »). Eh oui, c’est comme ça avec Kickback, la communication entre eux et le public se fait uniquement par insultes et provocations (« Celui qui frappe ce type là, je lui file un t-shirt gratos », sérieux, trop fort !). Pour ceux qui se poseraient des questions, cela a toujours fait parti du jeu avec eux, après, faut-il savoir le prendre au bon degré... Enfin bon, revenons-en à la musique, qui, derrière ce rideau d’apparence, s’avère à la fois sombre, brutale et intense. Je n’ai malheureusement assisté qu’à des bribes de leur passage (Extrem Market et ravitaillement obligent), mais le peu m’a suffit pour comprendre l’ampleur que prenait leur son une fois exécuté en live.
Plus tard, je m’offre les dernières minutes de la prestation des vilains Brujeria où les gringos amassés devant la Main Stage viennent chercher un délire de machettes et de bandanas, plus qu’une jouissance musicale. Changement d’accessoires pour Amon Amarth (MS) : place aux boucliers et aux cornes à boire vikings. Le concept, si évocateur alléchant soit-il, est, à mon avis, desservi par une musique beaucoup trop conventionnelle. A leur décharge, les Suédois présentent un plus grand intérêt en live.
Le groupe suivant, sur la Gibson Stage, était certes moins expansif, mais n’en demeurait pas moins étrange. La musique de Cynic, gorgée d’influences multiples et respirant l’originalité, a conquit un public stupéfait mais ravi de cette atmosphère planante. Le chanteur a timidement annoncé que c’était son premier concert en France avant de recommencer à jouer. Techniquement, Cynic est impressionnant et s’impose comme un groupe très riche.


Pain Of Salvation

« Représentant toujours la Suède, mais huit cents ans plus tard » dixit Daniel Gildenlöw, les prog masters engagés de Pain of Salvation investissent à leur tour la Main Stage et élargissent l’éventail des styles de metal présents sur cette magnifique affiche 2007. Un très bon show de la part de mes chouchous, même s’ils ne semblent pas faire l’unanimité auprès du public purement metal. Ben oui, PoS, c’est quand même un peu plus que ça… En parlant d’éclectisme, d’ouverture d’esprit et d’engagement, est-il besoin de rappeler que les infatigables vétérans Napalm Death (GS) passent en tornade afin de montrer qu’ils sont toujours les maîtres de la folie furieuse sur scène : là où certains ont besoin de gonfler leurs rangs à grands renforts de percussionnistes et de choristes, seuls trois anglais énervés et un batteur solidement harnaché suffisent à transformer quelques centaines de festivaliers en une tempête de corps humains. Vision d’apocalypse.


Napalm Death

Impossible de louper l’un des premiers groupes à m’avoir plongé dans le metal et qui reste, même aujourd’hui, l’un de mes combos favoris. Ayant eu la chance de les voir deux fois auparavant, j’avais peur d’être légèrement blasé par leur intervention. Heureusement, je fus rapidement soulagé de voir que, Children of Bodom sur scène, ça reste du concentré de bonheur à l’état pur ! Si leur prestation de l’année dernière, à Bercy, avait été courte et légèrement fadasse je gardais, en revanche, des souvenirs exquis de leur passage à l’Elysée Montmartre, quelques mois plus tôt.
Voici donc un nouveau moment magique à rajouter à ma liste car, en plus de s’être parfaitement exécuté, le Hate Crew proposa ce soir, quelques morceaux rares dont le medley, tout bonnement énorme, « Mask Of Sanity » / « Deadnight Warrior ». Deux de mes morceaux préférés que je n’avais jamais eu la chance de voir en live. Rajoutez à cela « Children Of Decadence » et toute une flopée de classiques empruntés à l’ensemble de leur discographie (« In Your Face », « Every Time I Die », « Needled 27/7 » et le traditionnel grand final « Downfall »…) et cela donne le meilleur show de Children Of Bodom auquel j’ai pu assister.
Entre les harmoniques avec la langue, les poses abusives et les « fuckin’/fucker » à la ricaine tous les trois mots, la superstar Alexi Laiho s’enfonce de plus en plus dans son attitude prétentieuse que certains lui racolent. Pour l’excuser, je dirais que cela contribue à son charme et puis que cela fait plus sourire qu’autre chose. Donc peu m’importe, moi, le fan aveugle et dévoué, j’ai totalement été conquis et comblé par ce qui fut, au final, mon meilleur concert du fest ! (Du moins c’est ce que je me suis dit jusqu’au show d’Emperor le Dimanche soir…)

Changement de registre à nouveau et Moonspell lève bien haut les couleurs du Portugal avec son heavy/black/gothique de très grande classe.


Moonspell

Je reste à la Main Stage même après que COB soit parti, évidemment il faut garder une bonne place pour Immortal. Ce groupe mythique est très attendu et ça se voit. On observe avec excitation l’équipe technique qui met en place les effets pyrotechniques. Le show promet d’être grandiose. Une explosion retentit soudain et Horgh se dresse fièrement derrière ses fûts. Le concert commence enfin et les larmes en viendraient presque aux yeux. Et là, c’est l’incompréhension générale. Horgh s’arrête et disparaît en coulisse. Apparemment le groupe a quelques problèmes techniques. Trois fois consécutivement, Horg va entrer puis ressortir de scène. C’en est trop pour les fans qui bouillonnent d’impatience. Des rumeurs se lèvent dans la foule. Immortal va annuler ? Enfin c’est la bonne, Horg joue et Abbath et Apollyon apparaissent à leur tour. On croirait rêver à voir ce groupe avec ses inimitables corpse-paints, comme si on avait remonté le temps. Ils ne sont que trois sur scène mais leur énergie et leur technique laisse la foule bouche-bée. Abbath est un show-man hors pair, prenant des poses un peu kitchs à l’image des albums du groupe, crachant du feu et rendant le public hystérique. Il arrête les chansons en plein milieu et après un long silence pesant recommence à chanter, comme s’il s’amusait de l’effet affolant du suspens sur la foule. Des morceaux comme One by One, Sons of Northern Darkness, Withstand the Fall of Time et Against The Tide me plongent dans un bonheur indescriptible. A la surprise générale, Immortal part comme il est venu : brusquement, sans aucun avertissement et les gens restent sur leur fin malgré ce show magique.
Le groupe qui succède aux géants norvégiens est tout aussi attendu. Je ne m’intéressait pas trop à Type O Negative avant de les avoir vu ce soir là. Ce groupe est totalement déjanté et m’a impressionné par son charisme, sont ambiance et son humour. C’était parfait pour une fin de soirée. Le chanteur à la voix caverneuse et profonde enchantait un public qui planait totalement. Les membres ont surtout enchaînés les blagues : entre montrer leur cul, balancer une bouteille de vin dans le public ou encore se moquer les uns des autres, ils n’en loupaient pas une. Un concert très original et très surprenant en somme. De quoi mettre en conditions pour bien dormir… ou bien faire la fête après.

DIMANCHE 24 JUIN

La fatigue des trois jours commence à se faire sentir dans les pattes, surtout après la nuit que je viens de passer. Je préfère donc entamer cette dernière journée tranquillement, vers la Discover Stage, là où le public ne s'empresse pas encore, histoire d'apprécier comme il se doit, le show de nos petits frenshies d'Homestell. J'ai, mine de rien, pris une bonne claque dès le réveil et j'aurai du m'y attendre car ce n'était pas la première fois. L'énergie des membres sur scène ne peut que contribuer à l'efficacité sans faille de leur deathcore ultra carré et rentre dedant. Un véritable espoir pour la scène française, croyez-moi !
A peine arrivée sur le site, je me rends compte que ce début de journée est placée sous le signe du heavy metal avec des groupes comme Manigance et Heavenly qui font sérieusement penser à du Edguy. Je me décide à bouger vers la Gibson Stage pour voir les Nancéens de Scarve. Avec un peu d’appréhension, sachant que le groupe n’avait toujours pas annoncé de chanteur pour ce fest, le public acclame le groupe qui entre sur scène. Et là une surprise monumentale attend les fans car ce n’est autre qu’El Butcho, chanteur de Watcha, qui tient le micro pour Scarve. Les réactions fusent autour de moi, les gens ayant visiblement du mal à comprendre ce choix qu’ils trouvent incohérent. Certes, El Butcho n’a pas vraiment la voix bien death adéquate pour ce genre de musique. Mais son énergie, son expérience de la scène et sa chaleur avec le public furent des atouts de taille. Finalement la foule s’est plongée avec joie dans la musique jusqu’à ce que Dark Tranquillity commence à jouer.
Sur la Gibson Stage, Aborted commence un show death totalement survolté. Les pogos lancés par des mecs couverts de faux sang et de masques chirurgicaux vont bons trains. L’ambiance est au défoulement. J’essaye tant bien que mal de ménager mes pauvres cervicales qui ont eu du mal à se remettre de Cannibal Corpse et Amon Amarth. Le chanteur amusé par la foule lance un "Merci à ceux qui sont venus déguisés en chirurgiens".


Behemoth

Pour Behemoth, tout commence très mal. Le groupe a atterri en retard à l’aéroport et est arrivé in extremis à Clisson pour son show. Pas le temps de faire la balance et de tester les instruments, le groupe joue direct. Comble de la malchance, Nergal a la voix cassée et lutte pour parler au public. On dit que c’est dans les mauvais moments qu’on reconnaît les vrais amis, et bien c’est aussi le cas pour les bons groupes. Malgré tous ces imprévus le groupe a assuré son concert d’une manière magistrale et très professionnelle. Nergal a chanté comme si de rien n’était des morceaux magnifiques, en particulier extraits de Demigod et The Apostasy, jetant des regards de braise à la foule. Avec un charisme incroyable, il dégageait un côté très froid tout en étant proche de son public. Il n’a pas hésité à raconter les déboires du groupe et à balancer quelques blagues sur le caractère "Peace and Love" de Behemoth, demandant même ironiquement s’il y avait des Chrétiens dans la foule. Les Polonais ont impressionné par leur technique et leur qualité de jeu. Outre leurs corpse-paints et leurs costumes, ils dégageaient une présence très forte et imposaient le respect. Impossible de ne pas être marqué par le passage de Behemoth.


1349

C’est pourquoi dès la fin je me suis ruée au stand Metallian pour espérer avoir une dédicace de Behemoth. La chance était de mon côté ce jour là décidément car j’ai eu la chance de voir aussi Emperor.
Toute chamboulée par mes rencontres inespérés avec Nergal et Ihsahn, je cours vers la Discover Stage. Là, sous le chapiteau, les black metalleux surexcités attendent le groupe de true venu du froid de la Norvège : 1349. Le show était à l’image de ce que j’attendais : violent, survolté, haineux mais surtout très froid. Le public était comme en transe, bercé par la musique si belle et chaotique de 1349. J’ai tenté en vain de voir si c’était bien Frost derrière les fûts qui martelait à une vitesse vertigineuse.
Après ce concert transcendant de true black metal, mes oreilles ont eu du mal à écouter la voix claire d’Edguy.


Ihsahn

Je pars vers l’extrem market. Là-bas je rencontre avec Glen, bassiste de Gutworm et fan de metal français. Comme le hasard fait bien les choses c’est à ce moment qu’on m’appelle pour interviewer Scarve. Lui qui en est fan me suit sans hésiter. Arriver au stand presse, il me présente Hal, chanteur de Interlock (groupe qui, comme Gutworm ajoué samedi à la discover stage).
Après mon interview, je sors voir Dream Theater qui finit son show devant un public apparemment conquit même si ce que j’en ai entendu ne m’a pas transcendé plus que ça. Le chanteur très chaleureux avait une bonne présence scénique.
Durant la fin de Dream Theater, je me faufile l’air de rien dans la foule histoire d’être bien placée pour Emperor. La réalité dépasse mes espérance : j’arrive contre la barre de sécurité. L’attente est insoutenable. Les gens crient le nom d’Ihsahn tandis que la pression monte au fur et à mesure. Et là, comme pour tester la dévotion du public, une pluie froide et dense tombe sur Clisson. Les gens grelottant n’en perdent pas leur motivation et la folie s’empare de tous quand le groupe fait son entrée. Voir Emperor sur scène à quelques mètres de soi a quelque chose de totalement irréel et surnaturel. On pense à la Norvège, à l’Inner Circle et à Euronymous quand In The Nightside Eclipse résonne, tel un hymne à sa mémoire. Ihsahn n’a rien perdu de son charisme, de son mystère et de sa voix. On se rend vite compte qu’il est en plus humble et sympathique : "Je sais que vous êtes mouillés, que vous avez froids, mais nous sommes contents d’être là". Le rêve se prolonge et ne fait que s’amplifier. L’apogée arrive au moment de l’enchaînement Inno A Satana, I Am The Black Wizards, Ye Entranceperium. Ce Hellfest ne pouvait pas mieux finir que de cette façon, avec le concert grandiose et magistral d’un groupe de légende.


Emperor

Le bilan de ce Hellfest est plus que positif niveau musical, même s’il y a eu de gros problèmes d’organisation et des annulations. Merci à Ben de s’être expliqué et excusé juste avant le show d’Emperor. Un point d’honneur pour la qualité du son qui était plus que bonne. Le chalenge maintenant va être de faire l’an prochain une affiche encore meilleure que cette année… personnellement j’en doute.


 

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