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HACRIDE + Pitbulls in the Nursery
Concert du 24 novembre 2007 à la Scène Bastille (Paris)
- par Jérôme -

Interview Hacride au bas de cette page

Hacride, le groupe qui monte, qui marche sur les pas et le succès d’un Gojira passe à Paris avant d’entamer une tournée passant par l’Angleterre, l’Espagne, l’Allemagne et accessoirement la France en décembre ; donc pas question de les louper, surtout après la déflagration qui fut Amoeba, unanimement salué par la critique. D’ailleurs amusons-nous à dire qu’avec Amoeba, Hacride a mis bat à un sacré brûlot. Ça marche si vous prononcez à l’anglaise.

Nous avons passé une heure bien sympathique avec Samuel, chanteur ex-Mistaken Elements et Adrien, compositeur principal et grateux du groupe, à discuter de tout et de tout, c’est-à-dire de leur album, de leurs perspectives, du nouveau qui est en chantier, bref de la vie pour eux. Après une petite heure à tailler la discussion, on redescend en bas, dans la salle, alors qu’Advian a déjà commencé sa première partie. Nous n’avons pas vu grand-chose, que les deux derniers titres, alors il est difficile d’en parler, disons qu’ils officient dans un metal légèrement plus black et ambiant que les deux groupes à suivre, radicalement opposés dans leur approche de leurs instruments.

La salle est pleine sans être bondée et c’est un plaisir que de suivre le concert à partir des petits fauteuils qui sont au devant gauche de la scène, ce qui permet de voir ce qui se passe de tous les côtés de la salle, et sur scène évidemment. Les lumières, quant à elles, assureront le service minimal, du début à la fin du concert ; on se demande même pourquoi transporter dans ses valises un ingé lights, quand on voit le show proposé à ce niveau-là. Le changement de scène est très rapide et Pibulls in the Nursery entre en scène promptement. Enfin une salle et un concert qui ouvrent ses portes très tôt, qui n’est pas en retard, mais qui les referme très tôt aussi. Ce qui aura permis d’aller se torcher la gueule après le concert, terminé à 22h40 pétantes.

Pitbulls, c’est du death très technique, entre Necrophagist et un Quo Vadis et ce qui impressionne n’est pas tant la maîtrise des musiciens mais surtout la qualité du son dans cette salle qui permet de profiter des moindres notes du concert. À cet effet, le bassiste disposait d’un son vraiment puissant, les guitares étaient incisives et tout le monde jouissait bien, le groupe en premier. J’avais découvert le groupe sur leur myspace et je suis soufflé par leur prestation scénique. Que ceux qui ne connaissent pas, aillent essayer le premier titre d’ouverture sur leur page qui envoie vraiment la sauce ! Le groupe dispose d’un frontman d’1m95 ce qui en impose assez sur scène, mais cela écrase du coup la stature des autres membres. Il me fait bien penser au frontman de Malevolent Creation, assez gigantesque dans son genre. Derrière, aux fûts, on retrouve un jeunot qui martèle façon monsieur propre dans tous les sens qu’il peut et sur toutes les cymbales qui passent par là, c’est très carré, bien clinique, peut-être l’explication du nom de groupe d’ailleurs. Pitbulls, c’est tout le contraire de ce qu’on attendrait d’un tel nom de groupe, c’est très propre, bien exécuté, les riffs s’enchaînent très bien, les plans sont là pour se déguster à leur justes notes. Le public aura passé un excellent moment avec ces musiciens. Jamais je n’ai eu l’impression que les morceaux se recopiaient, c’est du bon, c’est du vin…

Nouvel aménagement de la scène et Hacride débarque vers 21h50 pour un show d’une cinquantaine de minutes, de quoi bien enquiller les plages du dernier album, sans oublier quelques clins d’œil à "Deviant Current Signal", leur premier et excellent album.
D’emblée l’intensité du show est très forte, la qualité du son énorme, ce qui permet de coller parfaitement à la production de l’album, là encore les parties de guitare qui s’entrecroisent s’entendent très bien, on note également des samples sur les grattes. Les vocaux sont bien assurés, le jeu est très propre et l’univers de froideur parvient à faire son effet. L’enchaînement de deux groupes comme Pitbulls et Hacride, aussi différents l’un que l’autre dans leur approche de la musique propose une vraie complémentarité sur scène, ce qui permet de ne pas ennuyer à aucun moment. Voilà sûrement la clé d’une bonne programmation : des groupes officiant dans des registres légèrement différents, que ce soit une orientation musicale sur l’abondance de plans techniques (Pitbull), une orientation sur les ambiances ou sur le songwriting, une orientation plus instrumentale axée davantage sur un instrument ou un autre. Je dirai que Hacride pioche un peu dans toutes ces composantes car ils ne délaissent aucun élément. Bref, ces deux groupes-là vont très bien ensemble et les fans de l’un vont aller vers l’autre et réciproquement. Je vous laisse apprécier les différentes prises du concert pour "vivre" l’intensité du concert.

À certains moments du concert d’Hacride, un pit s’est formé pour notre plus grand plaisir, ce qui est bien naturel car les parties syncopées (de mon point de vue) aident fortement à faire ressentir l’impact des rythmiques. Qui a dit que les musiques techniques ne pouvait pas être organiques ? Longue continuation à vous.



Interview Hacride avec Adrien (guitares) et Samuel (chant) :

(Interview réalisée le 24 novembre 2007 par Jérôme)

Antithetik : Comment se fait-il qu’il n’y ait pas la photo du groupe et l’indication de la formation du line-up à l’intérieur du livret ?

Ad : On l’a fait un peu exprès, c’est le côté épuré. C’est la musique avant tout. Oh, si tu cherches un peu, tu peux les avoir… (rires).

Que ressentez-vous en voyant que votre disque est unanimement plébiscité par les critiques ?

Ad : C’est génial. On ne s’y attendait pas. On ne s’attendait pas non plus au succès du premier, qui a très bien marché avant la sortie du second. Il n’y a pas eu de critique négative, parce que même si les gens n’ont pas aimé, ils ont senti le fait de proposer une musique réfléchie, un travail et l’ambition de proposer une musique réfléchie. Si les gens n’aiment pas, ils vont dire "ce n’est pas ma tasse de thé" et non pas "c’est de la merde !». (NDLR : on peut mêler les deux et faire : ce n’est pas ma tasse de merde !) Avec les chroniques en Angleterre, en Israël, au japon, aux Etats-Unis, on voit que les mecs disent que c’est aussi bien que Gojira.

Au niveau des ventes, quels ont été les résultats ?

Ad : On n’a pas le relevé de banque ! ça nous a permis de faire une tournée en tête d’affiche et de se faire connaître. On s’est fait un nom avec le premier album et on s’est imposé avec le deuxième. Le deuxième album a très bien marché. On doit avouer que nous n’attendions que ça.  
S : Il faut avouer qu’on a tout fait pour que ça arrive, on ne pouvait pas exactement s’attendre à ce résultat-là, mais on voulait en arriver là.

Connaissant la qualité de votre premier album, le deuxième album ne m’a pas étonné et je m’étonne que les critiques n’aient pas plus fait mention du premier…

S : le premier est authentique, mais on n’a pas mis autant de choses que dans le deuxième. Pour "Amoeba", on a mis un an et demi pour le faire, on a pris le temps sur l’enregistrement, on avait en tête de faire un "bon" album.
Ad : Oui, il fallait qu’on ait un album qui déchire. Fallait afficher une identité. "Deviant" n’a pas été composé dans l’optique d’un album, il a été fait pour entreprendre des démarches, se faire connaître, etc. On dénigre rien du tout, mais avec "Deviant" ce n’est pas la même optique de composition. Sur "Amoeba", aujourd’hui, il n’y a rien qui nous gêne au niveau de la production, le tout forme une entité et donne bien cette impression d’aboutissement.
S : les premières écoutes à la sortie de studio furent excellentes, la première écoute nous a énormément récompensé. Bien sûr on aurait pu avoir une grosse caisse plus percutante, et moi avoir un chant plus agressif ou plus mélodique, mais ça ne sert à rien de revenir quand on sait qu’on a offert un produit déjà bien complet.

Le prochain, vous y pensez ?

Ad : Bien sûr. Il y a des petits bouts déjà enregistrés. Il n’y aura pas de bonus. Je suis en train de le mettre en place, je veux quelque chose d’encore plus béton qu’ "Amoeba", ça va attendre un an ou deux s’il faut.

Dans quelle veine sera-t-il ?

Ad : Ce sera notre black album. Rien de commercial. Dès le troisième, on est obligé. On en est encore aux prémices, je connais la couleur de la composition. On en connaît l’ambiance. Plus sombre, plus oppressant, plus froid, plus progressif. Je ne t’en dis pas plus. Pour l’instant on est sur "Amoeba" pour extraire toutes les capacités qu’il a.

Donc pour vous, le premier n’aurait pas mérité plus d’éloges que ça ?

Ad : Disons qu’on a fait toutes nos démarches avec celui-là et du coup, tout le monde a voulu le sortir en album. On en était content. Mais on ne l’a pas enregistré dans un esprit "album".
S : C’est un gros maxi, certains morceaux de la première démo ont été intégrés dessus.
Ad : Il est bon, il y a du feeling, il y a du groove, mais on ne l’a pas travaillé dans une optique d’album. Sam est arrivé pour la démo.
S : On a enregistré la démo deux mois et demi après mon arrivé et six mois après on a enregistré "Deviant". parce qu’il est sorti en 2005, mais il a été enregistré en 2004, on avait d’ailleurs commencé l’enregistrement en octobre 2003, donc il a mis du temps à sortir.

En quoi vous détachez-vous d’une influence comme Meshuggah ou Strapping Young Lad ?

Ad : Ls riffs syncopés sont là. On n’utilise pas les mêmes textures.
S : Bien sûr, Meshuggah c’est la polyrythmie et les contretemps, Strapping a une atmosphère.
Ad : O n’a pas ce côté très froid qu’a Meshuggah, puisque nos riffs syncopés ont un groove jazz derrière. On n’a pas d’ambiance à la Strapping, parce qu’ "Ameba", pour moi, n’est pas froid. Ensuite, mon influence personnelle en groupe metal sera plus Tool ou Opeth par exemple.
S : Et puis, on n’a pas tous le même univers musical. Notre bassiste était dans un groupe de black avant de venir dans Hacride. Moi, j’étais avec Mistaken Elements et j’ai un côté plus thrash/hardcore. Olive est vachement plus jazz, Adrien a des influences plus prog et plus rock. C’est cette diversité qui fait Hacride.

Maintenant, c’est la question du bac de philo : qu’est-ce que vous écoutiez quand vous étiez petit et pensez-vous que les passions de jeunesse influent sur le travail adulte ?

S : Ou la chanson écrit-elle l’avenir ? (NDLR : excellent !)
Ad : oui et non… dans une vie musicale, t’as des claques. Il y a des groupes qui m’ont fait changer. On parlait tout à l’heure de Nirvana, une de nos premières claques communes… Nirvana nous a fait commencer la gratte. On a tous des styles différents. Mais je pense que ça conditionne ce qu’on fait plus tard.
S : Ça oriente ta progression musicale. Oui, ça joue.
Ad : Mais au niveau de ta personnalité musicale, on est quand même loin de Nirvana ou de Queen que j’écoutais énormément quand j’étais jeune. Ça doit se retrouver car ce sont des choses qui marquent.

Alors allez-vous être le nouveau messie musical, le nouveau Led Zep qui va lancer une nouvelle scène ?

Ad : Peut-être, pourquoi pas ?
S : Je n’écoute pas non plus beaucoup de groupes qui font ce qu’on fait.

Voilà les groupes avec lesquels vous allez tourner : Divine Heresy, Blood Red Throne, Dirge, Zuul FX, Sybreed, Dying Fetus. Qu’est-ce que vous pensez de ces groupes-là ?

S : Je vois où il veut nous emmener. On a une musique qui peut nous emmener vers plein de styles différents. On peut tourner avec du brutal death comme Dying Fetus, on peut jouer avec des groupes plutôt rock, nous ne sommes pas attachés à un style alors on peut se rattacher à tous les autres. On n’est pas non plus dissociés des autres.
Ad : Dying Fetus, c’est excellent. Disons, qu’on peut être programmé partout.
S : Partout, je ne sais pas. Nos tendances progressives peuvent nous faire jouer avec des groupes progressifs, etc.

Vous êtes progressif du fait de la complexité des arrangements, pas dans le sens de l’envolée au sein des titres…

Ad : Voilà.

Alors le prochain sera progressif…

Ad : Dans le sens où on l’entend… (rires). Oui on peut jouer avec des groupes de néo, du modern metal, tout. On ne sera jamais purement quoi que ce soit… Quand on est programmé sur des festivals, on ne touche qu’une partie du public. On a joué pas mal dans le sud avec des groupes de hardcore et la tête d’affiche hardcore rameutait beaucoup de monde, les gens étaient venus pour ça… Et pour nous, une partie s’en allait.

Hacride, vous n’en vivez pas encore… Qu’est-ce qui vous manque pour pouvoir en vivre puisque c’est le but ?

S : Nous ne sommes pas encore rentrés dans cette phase de professionnalisation. Pour les musiciens, je parle (NDLR : traités comme tel par le label, Listenable). On est encore dans une phase de promotion du groupe. Quand ce sera fait, on passera à cette phase de professionnalisation qui nous concerne en tant qu’individus. On bosse tous à côté et je dirai que cette professionnalisation va s’installer de fait, car cela nous demanderait également plus de temps. Si on veut continuer sur ce chemin-là… Aujourd’hui, on n’a jamais gagné un centime avec Hacride, bien sûr, le groupe brasse un peu d’argent, mais cela viendra parce que si on ne devient pas professionnel, on ne pourra pas continuer sur ce rythme-là. Et on a tous cette envie.  

Est-ce que ça vous aidera  à faire une musique encore meilleure ?

Ad : Bien sûr. La musique, c’est mon métier, je suis prof de guitare, j’enseigne, et j’ai beaucoup plus de temps évidemment pour composer, écrire, réfléchir au projet Hacride. Quand tu as moins de contrainte, tu fais de la meilleure musique.

Oui, mais est-ce que le succès ne provient que de là, que de la musique ? Ou est-ce un concours de circonstances, un phénomène de promotion, une première partie, un buzz sur le Web …

Ad : Non, c’est la musique ! Si tu prends l’exemple et la référence aujourd’hui en France, c’est Gojira. Ils ne se sont pas rattachés à de gros groupes pour se faire connaître. Il était certain que ça allait fonctionner. Ils bouffaient des pâtes, ils étaient au RMI, c’était la galère, ils n’avaient pas d’instrument, leur notoriété a gonflé et c’est maintenant qu’ils se greffent à d’autres groupes à l’étranger pour se développer encore plus.

Vous êtes main dans la main avec les mecs de Gojira ?

S : Oui, on a suivi leur parcours et ils ont suivi le nôtre. On ne peut pas faire une musique qui parle aux gens si on n’y croit pas nous-mêmes. Si on ne donnait pas tout, les gens sentiraient qu’on ne le fait pas. Moi, je me mets à la place du public… Et j’espère que tous les groupes qui ont marché croient en ce qu’ils font, sinon ce serait vraiment bancal.

Vous faites quoi dans la vie ?

S : je suis animateur dans un lycée, animateur culturel ; le bassiste est surveillant dans un lycée et notre batteur est ingénieur dans les eaux, dans le génie civil. On est obligé d’avoir trouvé une branche professionnelle à côté. Si on n’avait pas eu quelque chose à côté, on n’en serait pas là aujourd’hui.

Pourquoi n’avez-vous pas choisi La Locomotive pour le concert ?

Ad : on ne peut pas encore faire une tête d’affiche à la Loco, même si ce soir a l’air d’être bien suivi. On sait que c’est dur de faire bouger les gens à Paris, on ne sait pas si on est encore bien connu, on est encore en période de test et de doute.

Pitbulls ?

Ad : Très bon ce qu’ils font, ils sont sur leur prochain.

A : Est-ce que vous estimez être un des meilleurs groupes français ?

S : À l’aise. (En rigolant) Haut la main. Dans quoi dans le rock ? Dans le metal ? Dans la fusion ? ça ne veut rien dire du tout…
Ad : Meilleurs de quel point de vue ?
Ad : Scéniquement.
S : Sexuellement ?

Faudra voir dans les loges.

Ad : Tu ne peux pas dire en tant que musicien que tu es le meilleur de quelque chose. Si tu dis ça, c’est qu’il n’y a rien au-dessus donc tu ne progresses pas. Ce n’est qu’une histoire de sensibilité.

(NDLR : petite coupure)

S : Notre pays n’a pas la même histoire que les autres pays.
Ad : On est dénigré, on passe pour des satanistes nazis punks héroïnomanes sur M6 ou TF1. Je vois la réaction des gens quand je dis que je suis musicien… C’est un groupe de rock, de quoi ? De metal ? Ah bon… En France, les gens pensent que le metal, c’est du bruit.
S : Et pourtant il y a le Hellfest avec 15.000 personnes par jour. Il y a plein de groupes comme Treponem Pal, Misanthrope, Les Béru, Pigalle, Trust et compagnie ; je ne comprends pas pourquoi le metal n’a pas réussi à prendre sa place. Il y a énormément de groupes qui assurent et c’est dur de se faire une place dans ce paysage.
Ad : Et pourtant en musicologie, il y a beaucoup plus de thèses sur des groupes metal qu’auparavant, ce qui aurait été complètement inimaginable il y a dix ans. Soit, c’est considéré comme une musique d’intello, soit comme une musique d’héroïnomanes, ou de pouilleux, ou de "djeunes".
S : On a un pote qui fait partie d’Anthurus D’Archer, il a fait sa thèse sur Meshuggah. Faut lire la thèse de Mathieu "Mesgir", c’est un mémoire. La musique a ce paradoxe en France qu’elle est très diversifiée et pourtant, le metal n’a pas sa place. Le système est bizarrement fait.
Oui, d’autant que vous arrivez au moment du téléchargement.
Ad : Oui, mais nos ventes se portent assez bien. Alors espérons… Ceci dit, on ne retrouvera jamais le niveau de ventes des années 80.
S : On est dans une nouvelle ère concernant le transport de la musique. C’est complètement ridicule de choper un jeune et de le foutre en taule parce qu’il a téléchargé dix albums. Mais ce n’est pas pour ça qu’on ne joue pas, qu’on n’a pas de bons retours, qu’on ne vend pas… Et puis qui peut dire qu’il n’a pas téléchargé ?

Par contre, il y en a qui ont trouvé le bon filon avec les disques promos ?

AD et S en chœur : ça par contre c’est dégueulasse de retrouver en vente sur ebay des disques promo filés par les labels. Ça c’est du marché noir. Le label dépense de l’argent pour que les journalistes aient un support et ces gars-là le foutent sur Internet. On sait très bien que le téléchargement excessif tue les artistes… Radiohead, tu vois, c’était peut être une ouverture à quelque chose d’autre. (NDLR : visiblement assez peu suivie).

Où puisez-vous l’inspiration pour vos compositions ?

Ad : C’est triste à dire, mais c’est dans la vie de tous les jours. Tu te lèves le matin, t’es vénère, tu blastes ; si t’es triste, tu fais des belles mélodies mélancoliques. La musique, c’est notre vie et réciproquement.
A : La vie, c’est la musique.
Ad : Voilà, "Amoeba" c’est un morceau de vie. Je reste cloisonné chez moi de huit heures à minuit le soir pour bosser dessus. C’est de l’introspection. Il faut beaucoup de matières, c’est un an et demi de réflexion. C’est super réfléchi, mais à la base, il s’agit de sentiments. De toute manière, les musiciens sont des frustrés qui ont un manque à combler. On a besoin de créer, donc il y a quelque chose qui nous manque.
S : À chaque fois qu’on joue sur scène, on lâche quelque chose, ça veut aussi dire qu’on a quelque chose en trop. Il y a une interaction entre la frustration et notre capacité à faire quelque chose. Disons qu’étant musicien, on est peut être plus capable d’interpréter ce qu’on vit et de le recracher. Mais ce n’est ni plus ni moins que notre vie.
Ad : C’est la cristallisation d’un mouvement de ta vie.
S : Le processus de création se base là-dessus. C’est Björk qui veut faire un album sur la Finlande et qui va aller le faire en Espagne parce qu’il y fait chaud, c’est une espèce d’opposition continuelle.

Votre clip est superbe ("Perturbed"), d’où proviennent les idées ?

Ad : C’est pareil, tout vient d’ "Amoeba". (rires).

Quelle est la place de "Zambra" au sein de l’album ?

Ad : ça a été réarrangé et même recomposé. C’est une nouvelle vision du morceau. Les riffs viennent d’eux.
S : Les gens ne s’attendaient pas à ce morceau. Mais je pense que si on avait fait un album entièrement dans l’esprit de Zambra, les gens n’auraient pas accroché.
Ad : Si tous les morceaux étaient réarrangés comme "Zambra", ce dernier n’aurait plus la valeur qu’il a. Zambra a de la valeur sur l’album. On l’a mis exprès dans l’album en piste quatre, ça fait partie de l’esprit de composition de cet album, on ne voulait pas le mettre à la fin.

Le meilleur titre de l’album pour vous ?

Ad : "On the Threshold". "Perturbed" est à la fois évolutif et intense donc un parfait choix de clip. Et c’est un morceau très mouvementé.
S : Pareil, ce titre a tous les aspects de notre musique, mélodique, rythmique, intense, progressif, il y a plein de choses dessus.

Merci pour ce super moment en compagnie d’Adrien et Sam d’Hacride avant qu’ils n’électrisent les foules d’un show en compagnie de Pitbulls in the Nursery.


 

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