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DRAGONFORCE + MANIGANCE + FIREWIND
Concert du 11 novembre 2006 à La Locomotive (Paris)
- par Jean Baptiste -
L’affiche de ce soir a attiré les foules Boulevard Clichy. La première tournée européenne de Dragonforce en headliner est un évènement auquel le public parisien a répondu présent, et c’est tant mieux. D’autant que les premières parties sont également de qualité, Firewind et Manigance pouvant se targuer d’être parmi les meilleures formations du style dans leurs patries respectives.

La Loco est donc quasi-pleine lorsque les grecs de Firewind entament la soirée avec une demi-heure d’avance sur le planning prévu. Forts d’un dernier album, "Allegiance", de bonne facture, le groupe fait montre d’une grosse énergie, et leur plaisir d’être à Paris et devant un public qui les connaît est communicatif. Très mobiles sur scène, les grecs enchaînent les titres accrocheurs et faciles à appréhender, qui assurent un gros succès auprès des nombreux jeunes spectateurs qui ont eu l’autorisation de minuit de papa-maman. "Between Heaven And Hell" ou l’excellent "Falling To Pieces" du dernier opus sont parfaitement interprétés, avec notamment un guitariste / claviériste pas manchot qui jouera même un moment à la fin du set des deux instruments à la fois. Firewind ne sacrifie pas le spectacle à l’efficacité et c’est de très bon augure pour la suite, et notamment la tournée française avec Angra au mois de février.


© Jean Baptiste APPERT


© Jean Baptiste APPERT


© Jean Baptiste APPERT


© Jean Baptiste APPERT

Sur Antithetik, on aime bien Manigance. On sait aussi dire quand c’est foireux. Mais ce jour n’est pas encore venu ! Les palois n’avait pas joué à Paris depuis leur première partie de Scorpions à l’Olympia en juillet 2005. La tête d’affiche du jour n’est pas aussi prestigieuse, la salle non plus, mais le concert comme toujours a été largement à la hauteur de nos attentes, et le groupe a mis autant de cœur à l’ouvrage. Les nouveaux titres, issus de "L’ombre et la lumière" leur dernière production, sont une tuerie en live. "Envahisseur", "Prédateur" et surtout "Privilège" ont un bel impact sur scène. Inclus dans une setlist qui passe en revue les meilleurs titres d’ "Ange ou démon" et "D’un autre sang", ils méritent d’être réentendus, peut-être sur une tournée en tête d’affiche en début d’année 2007. Malgré des soucis au niveau du son, faute de balance préalable, Manigance fait parler l’expérience et la passion pour délivrer un show jouissif. "Ange ou démon", "En mon nom", "Maudits" ou "Mourir en héros" sont du petit lait, les soli de Bruno et François sont impressionnants de maîtrise, Marc et Daniel font parler la technique et l’efficacité, et Didier prouve qu’il est un vrai showman et ne renie pas l’influence de Ronnie Atkins au niveau du comportement sur scène. Au niveau du talent, nul besoin de comparaison, ça plane bien au-dessus de tout le reste. Jean, le nouveau claviériste que l’on voyait pour la première fois a bien intégré les morceaux, et a sobrement fait son travail. Souhaitons-lui le meilleur, comme à tout le groupe, qu’on crève de revoir rapidement chez nous.

On avait vu Dragonforce en ouverture de Edguy en février dernier, jouer 40 minutes vitesse grand "V" et puis s’en aller rejoindre le rang des formations de speed metal en vogue, sans garantie de les revoir à plus haut niveau. Quelques mois plus tard, les revoici en tête d’affiche à Paris, de passage sur une tournée européenne. La progression hallucinante du groupe londonien est louable, et nul doute qu’ils le méritent. Mais la prestation du soir est comparable au public : puérile. Consternante de bêtise entre les morceaux. Chaque membre a appris quelques mots de français, ils se résument à "untel a une petite bite" ou "les balades ça fait chier"… Alors ça amuse beaucoup tous les pré-pubères qui ont investi la fosse, mais ça ne rend pas service au groupe ni à son image. En marge de ces idioties qui rendent le set presque énervant à suivre, Dragonforce joue avec l’énergie qu’on lui connaît tous les titres les plus marquants de ses trois premiers albums. Et ça va toujours trèèèès vite, les deux guitaristes et le claviériste rivalisant avec brio de vitesse et de technique sur les longs morceaux proposés. "Cry For Eternity", "Through The Fire And The Flames" ou "My Spirit Will Go On" remportent un franc succès. Le public est tout acquis à leur cause, et le groupe en fait ce qu’il veut, le faisant même se séparer (physiquement) en deux pour mieux diviser la salle afin de la faire chanter. L’osmose va même jusqu’à l’inconscience, la scène devenant à partir de la moitié du show le terrain de jeu d’ados enrobés dont la gogolerie va jusqu’à empêcher les musiciens de jouer correctement. Et ça devient carrément le centre aéré sur les rappels, on ne distingue même plus les membres du groupe. On se formalise peut-être là-dessus, mais les gens qui payent pour venir voir un groupe jouer ne s’attendent pas à ce spectacle grotesque d’enfants mal élevés. Pour en revenir à la musique, on est de nouveau impressionné par ce batteur digne du death metal, Herman Li qui, s’il a coupé (un peu) ses cheveux, n’a rien perdu en rapidité, ou ce chanteur qui s’il ne fait pas dans la finesse, n’a jamais failli jusqu’à la dernière note de "Valley Of The Damned", et ce malgré les circonstances. Il y a des à côté dans les concerts qui gâchent un peu la fête et empêche la musique d’avoir l’impact voulu sur les spectateurs normalement constitués. Et ce soir Dragonforce nous a fait cet effet.

Cette fin d’année est décidément bien remplie en bons concerts, notamment sur le papier. Chaque groupe ce soir est sorti gagnant de la Loco, peut-être financièrement, mais surtout sur la popularité qu’ils ont acquis dans notre capitale, et en matière de plaisir pris sur scène. Que souhaiter de plus ?



 

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