L’Elysée Montmartre est en configuration
moyenne ce soir, et a quasiment faut le plein pour
la venue d’Hammerfall, un an après
son double-headliner tour avec Stratovarius qui
en avait frustré plus d’un, les suédois
n’ayant pu jouer qu’une heure. On verra
qu’ils auront largement de quoi se rattraper,
après une mise en bouche à la hauteur.

© Jean-Baptiste APPERT
The
Poodles est en effet la curiosité du
soir. Les coqueluches des jeunes hardos scandinaves
passent pour la première fois en France,
forts d’un album à succès et
d’une expérience scénique importante.
Avec un look beaucoup moins efféminé que
lors de ses nombreux shows donné en Suède
l’année dernière (oui-oui on
s’est renseigné), les "caniches" se
montrent à leur aise sur la scène
parisienne, et nous servent 30 minutes de hard
fm très facile d’accès, qui
embarque au bout de deux ou trois morceaux le public
du soir. Il faut dire que des refrains aussi mélodiques,
c’est trop tentant à reprendre en
chœur ! "Echoes From The Past", "Metal
Will Stand Tall", "Shadows", "Number
One" et un nouveau morceau sont rapidement
passés en revue, avant que le très
accrocheur "Night Of Passion" n’annonce
la couleur d’une belle soirée de musique.
Des débuts prometteurs, et un bon groupe
de scène, dont on attend la confirmation.

© Jean-Baptiste APPERT
Krokus
entre en piste ! Les papys suisses du rock n’ roll sont de retour, une éternité après
leur dernier passage par la France ! Et d’entrée
nos préretraités envoient la sauce
avec entre autres tubes "Hellraiser" du
dernier album du même nom, ou "Easy
Rocker", dans la plus pure veine hard rock.
Marc Storace a l’air heureux d’être
là, on croirait Bon Scott revenu parmi nous,
et il exhibe à outrance son gros bidon qui
dépasse largement de son t-shirt gris délavé,
floqué d’un "No Balls, No Glory" d’une
grande finesse. La grande classe quoi ! Un bon
contact avec le public, une petite base de fanatiques
ayant investi les premiers rangs, et une grosse
expérience scénique rattrapent largement
le manque de goût vestimentaire et une présence
scénique assez pataude et lourde. Mais même
pour les néophytes, comment résister à ces
rythmiques typiques du genre, aux soli d’un
guitariste loin d’être manchot et à ces
petites perles que sont "Long Stick Goes Boom", "Fight
On" ou encore le très beau "Angel
Of My Dreams" issu du dernier album en date,
qui prouve que Krokus sait aussi lever le pied
tout en restant efficace, sans perdre son identité.
Le public en redemande, et "Fight On" et "Headhunter" viennent
clôturer un set sans tâche (contrairement
au t-shirt de Mar… bon j’arrête),
et très pro.

© Jean-Baptiste APPERT

© Jean-Baptiste APPERT

© Jean-Baptiste APPERT
Voilà, ça y est, tous les préados
de Paris sont là, la fête peut commencer
! Au son de "Threshold", du nouvel album éponyme
des suédois, Hammerfall investit l’Elysée
Montmartre dont la scène a été largement
aménagée à leur effigie, avec
des remparts de pierre en haut desquels trône
le gigantesque kit de Anders Johansson, et ses
10 grosses caisses, une par lettre du nom du groupe… Tant
qu’on est dans le grandiloquent et le kitsch,
notons la magnifique jupette en chaîne de
Oskar Dronjak, lui-même tout couvert de cuir
et de clous. Hammerfall reste fidèle à lui-même,
et peu de changements sont à noter par rapport à l’année
dernière. Les hymnes se succèdent à un
rythme effréné, et les spectateurs
surexcités répondent présents,
ne se faisant pas prier pour reprendre en chœurs
les refrains de "Templars Of Steel", "Legacy
Of Kings" ou "Rider Of The Storm" qui
se succèdent pour une entrée en matière
tout en puissance. "Rebel Inside" n’a
pas un impact terrible sur scène, et devrait
rapidement sortir de la setlist, à bon escient.
Après un "Bloodbound" des familles
qui fait immédiatement mouche, Anders se
lance dans un solo de batterie monumental, et dans
un numéro de comique qui fait bien rire
l’Elysée, bon public sur le coup.
Toujours du dernier album, "A Legend Reborn" connaît
un sort plus heureux, et redynamise tout ça,
avec notamment un Joachim Cans très en voix
malgré sa récente opération
de la gorge, et un Stefan Elmgrem en pleine forme.
Quelques effets pyrotechniques viennent ponctuer
le concert, Oskar allume l’extrémité de
sa guitare et joue au cracheur de feu pendant son
solo, Anders en fait de même avec ses cymbales… et
on remet le métier sur l’ouvrage pour "Renegade", "Let
The Hammer Fall" qui donne l’occasion à la
salle de manifester sa parfaite connaissance de
ces paroles très compliquées, et "Hammerfall" pour
un retour aux sources. Les rappels sont très
intenses, mais Joachim n’en peut plus, c’est
criant (hihi). Ainsi, c’est le public qui
reprendra la majorité de "Glory To
The Brave", avant que "Heeding The Call" et
le terrible "Hearts On Fire" ne mettent
un terme à près de deux heures de
show à pleine vitesse.

© Jean-Baptiste APPERT |

© Jean-Baptiste APPERT |
Hammerfall
méritait bien sa tournée
en tête d’affiche, et a parfaitement
tenu son rang ce soir, dans un style particulier
qui lui va finalement très bien, et contente
amplement un jeune public tout acquis à leur
cause.