Belle
affiche à l’Elysée
Montmartre le 5 décembre dernier: Opeth et
Amplifier, deux groupes aux
styles très différents
mais partageant un sens de l’expérimentation
et qui ont très certainement des influences
communes datant des années ’70.

AMPLIFIER

AMPLIFIER

AMPLIFIER

AMPLIFIER
Pile à l’heure dans un Elysée
déjà assez bien rempli, le
power-trio post-rock Amplifier débarque et enchaîne
ses compositions très puissantes sans faire
trop de blah blah. Certes, qui dit puissant ne dit
pas forcément métal, mais c’est
justement là que réside tout le charme
d’Amplifier et c’est cette spécificité qui
permet au groupe de se faire accepter par un public
majoritairement venu voir Opeth. Après tout,
Opeth étant un groupe qui sait varier les
plaisirs, il n’est pas surprenant que ses fans
soient ouverts. Des fans iront même jusqu’à applaudir
assez longuement (pour une première partie
du moins) le show proposé par Amplifier. Des
titres comme "Glory Electricity" et "O
Fortuna" passent très bien l’épreuve
de la scène et, malgré un son parfois
brouillon, le trio, accompagné de bidouillages électroniques
en tous genres, réussi son court (à peine
une demi-heure) concert.

OPETH
Et Opeth? Que pensez-vous?
Existe-il des mauvais concerts d’Opeth? Peut-être
certains soirs la musique des cinq suédois est un peu trop alcoolisée
(et encore, cela reste à vérifier) mais ce soir, comme il y a exactement
un an à la Locomotive, tout est "carré de chez carré",
comme on dit. Qu’il s’agisse de ses cris death ou de son clair, de
ses impressionnantes parties de guitares ou même de son humour, Mikael Åkerfeldt
est toujours aussi monumental. Portant un t-shirt Amplifier, le leader d’Opeth
au comportement très détaché a été l’homme
de la soirée, même si ses collègues, plus statiques, n’ont
pas chômé, loin de là.
Le six-cordiste Peter Lindgren s’affirme de plus en plus et la basse de
Martin Mendez n’a jamais été aussi généreuse.
A la batterie, le très concentré Martin Axenrot fait toujours un
travail irréprochable et parvient à faire oublier Martin Lopez
sans difficulté. (D’autant plus que ce dernier ne tournait plus
avec Opeth bien avant de quitter le navire définitivement.) Reste Per
Wiberg, un peu trop isolé derrière ses claviers, mais également
difficile à entendre. Ceci dit, le chef-d’oeuvre "Windopane" ne
serait rien sans ses nappes de synthé et, chose à ne pas sous-estimer,
le chant du claviériste complémente très bien
celui de Mikael.

OPETH
Quant à la set-list, elle a été assez équilibrée,
avec des morceaux aussi anciens que "The Night and the Silent Water" (dix
ans déjà!) ou "When" ainsi que des classiques datant
de la décennie actuelle, de "Blackwater Park" à "The
Grand Conjuration" en passant par l’inévitable "Deliverance",
joué en ultime rappel. Un quart d’heure après la fin de ce
concert un tantinet trop court, tous les apprenti-batteurs de la salle continuaient à taper
le légendaire rythme de double grosse syncopé de ce dernier titre.
Ce qui montre bien que la musique d’Opeth, ou plutôt que sa magie
(noire, bien sûr), ont réellement de quoi rendre
fou.