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Nouvel
album du trio Allemand qui présente ici son cinquième
album en dix années d'existence. Originaire d'un milieu
black metal, le groupe a su faire évoluer son style
et sa musique hors des stéréotypes à travers
une recherche personnelle qui présente aujourd'hui
ce "Durch Den Traum"à l'identité propre.
Il est clair que l'on est pas ici face à un album de black metal classique,
même si pourtant les racines du genre sont bien présentes aussi
bien dans l'ambiance générale que dans la musique elle-même,
mais de manière plus disséminée, plus digérée
pour s'intégrer à une musique davantage doom assez atmosphérique
teinté parfois de sonorités plutôt 'rock' et d'une tendance
acoustique omniprésente.
Même si le terme racoleur d'atmosphérique peut sembler attractif,
la musique de Dornenreich n'en reste pas moins difficilement accessible: des
morceaux d'une longueur "Opethienne" aux tons mystiques sur une lenteur
monotone et répétitive, mélodique et pourtant peu 'mélodieux',
des chuchotements au lieu d'un chant véritable et puis, d'un seul coup,
la tourmente vient briser cette tranquille monotonie avec une envolée
saturée et le passage abrupt des chuchotements aux hurlements black metal...
Malgré l'impression de réécouter sur plusieurs minutes le
même passage de quelques secondes en boucle et la longueur presque excessive
des morceaux, la musique de Dornenreich parvient tout de même à conserver
une intensité presque constante sans trop s'éparpiller. D'ailleurs,
au lieu d'une musique au sens propre du terme, les allemands semblent davantage
vouloir réciter des poèmes à voix basse, le tout enveloppé d'ambiances
sonores mystérieuses et pénétrantes que de composer des
mélodies entraînantes.
Les thématiques sont irrémédiablement orientées sur
les thèmes de la quête spirituelle, de la condition humaine et de
la relation avec la nature; le visuel de la pochette en témoigne immédiatement
! Tout en tons de bleus, il représente la silhouette d'un homme dressé au
sommet d'une montagne, symbole de la spiritualité par excellence: profondément
ancrée dans le sol et ses racines, la montagne s'élève droit
vers les cieux sans faillir. Cet homme se retrouve au centre de la pochette,
les bras levés vers le ciel juste entre la lune et le soleil rappelant
ainsi la dualité au centre de laquelle l'être humain est placé;
dualité entre lumière et ombre, bien et mal, etc. bref je ne vais
pas réécrire la chanson que tout le monde connaît. Par ailleurs,
dans le fond, on voit des montagnes plus hautes encore qui rappellent la petitesse
de l'homme face à la grandeur du monde (c'est d'ailleurs l'élément
le plus petit de ceux présent sur ce visuel). Pourtant, on peut s'interroger
sur la vision de la spiritualité présentée sur cet album:
en effet, la quête d'un être humain est faite aussi bien de souffrances
et d'épreuves que de moments de joie, sans jamais être linéaire,
et dont la finalité est la paix intérieure... Or, l'album se montre
davantage sombre et impénétrable, souvent dépressif; malgré une
tendance évidence au mysticisme, il donne l'impression de ne vouloir dévoiler
qu'un aspect de l'âme humaine et contredit ainsi les promesses de la jaquette...
Si le style particulier de Dornenreich (ou Reich of the Thorn en anglais) pourra
ravir certains amateurs, il ne fait nul doute que beaucoup seront rebutés
voire même s'ennuieront ferme à l'écoute de ce disque plutôt
linéaire et répétitif. Un bon album pourtant, à réserver
aux amateurs du genre. (6/10)
Vivien
SORTIE
: 24-11-06 |
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