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Franchement,
en recevant le packaging de présentation de Devianz,
j’étais toute contente : pour une fois qu’un
groupe prend la peine d’envoyer une jolie bio avec photos
couleurs, plus chroniques de concerts ainsi qu’un petit
mot sympathique.. Je me suis dit que c’était déjà
un bon point. C’est ensuite en prenant la fiche de bio
en question que j’ai commencé à être
perplexe - voyez donc :... "..Devianz
est un groupe à part dans le paysage rock français…Il
est difficile de le placer parmi ses contemporains car il s’est
trouvé une identité forte…Un premier album
écrit en 4 mois (..) Sur la base d’une alchimie
incroyablement stable..." etc. etc. Devianz
serait donc un groupe de "rock lourd et mélodique",
aux multiples influences. Faisant abstraction du ton assez prétentieux
de la bio et me disant que j’ai peut-être trouvé
un groupe réellement unique et inclassable (je n’ai
jamais perdu l’espoir de dénicher un nouveau Carnival
In Coal.. on peut rêver !) je me mets donc au
travail. Certes, ça commence assez mélodiquement
mais…Mais….?! Passe encore le fait que la voix ne
me plaise pas – et ce n’est pas parce qu’elle
est aigue; admettons que les titres des morceaux soient à
mi-chemin entre le pompeux, le mièvre et le carrément
ridicule ( "Innocente petite chose", "Eleganz",
"Décembres naïfs" ou encore "Simple
de jade" ); je veux bien faire semblant de ne pas avoir
entendu des paroles comme "Habillé(e) de soie/ touché(e)
par la grâce" ("Quatre longs matins") ou
encore "Je vois de ce miracle/ ce qu’il en sort/
penché sur l’animal/ sans qu’il ne morde"
("Eleganz"). Non, ce qui ne passe pas, c’est
la revendication d’originalité. Devianz est un
groupe de rock un peu pop, point barre. Tout au plus, c’est
du Kyo qui aurait décidé de faire
quelque chose d’un peu original après avoir regardé
un dvd d’Opeth. Au rayon pop-rock unique
et barré, allez plutôt vous acheter un album de
dEUS, non mais. Cela dit, une fois réglé
ce problème, je n’ai vraiment rien contre la musique
de Devianz. Les deux "Odalisque"
sont très beaux (un joué à la guitare sèche
et l’autre étant un instrumental au piano); les
morceaux sont ultra-mélodiques, les refrains sont accrocheurs,
limite hits potentiels. Il y a le coté doux-hop-grosse
guitare comme dans "Innocente petite chose" ou encore
"Eleganz" qui n’est pas pour me déplaire
car au final je n’ai rien contre un petit morceau de rock
quand il est bien joué – et malgré certains
couacs au niveau vocal le groupe se débrouille bien.
L’album dégage également beaucoup de sensibilité
et la douceur alterne avec quelques bons gros riffs comme dans
"Des parallèles" (dont le début me rappelle
vaguement "This Love" de... Pantera).
Pour finir, je me retrouve quand même à apprécier
un groupe que j’étais en train de descendre –
ne vous y trompez pas : je reste réfractaire au ton pleurnichard
et aux paroles ! Mais je pense très honnêtement
que ce groupe a un avenir car il a un sacré atout, et
c’est la force de ses mélodies. Je pense que si
les gars de Devianz n’ont rien contre
M6 et Universal, ils pourraient faire une très belle
carrière, ce que je leur souhaite sincèrement.
En plus, un groupe qui affiche le lien web de The Elektrocution
sur son site ne peut-être foncièrement mauvais…
(5,5/10)
Dalal
SORTIE
: 21-11-05
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