A la différence des deux précédents albums, les Suédois tranchent directement dans le vif - l'heure n'est pas à tailler le bout de gras - sur fond de sirènes aériennes faisant écho à la marche militaire de "Tear Down The Walls ", l'intro de "Doomsday Machine". On ne change donc pas de registre : ce n'est pas demain qu'Angela portera des robes à fleurs. Sur "Rise Of The Tyrant", Angela est au sommet de son art : elle ne se contente plus de hurler ; elle éructe, elle exulte, elle expulse toute la rage et la force qui coulent dans ses veines. A l'écoute de "The Last Enemy", on comprend qu'il ne puisse en rester qu'un car qui saurait résister à un tel assaut vocal et verbal ? Mais la brutalité de Arch Enemy ne serait rien sans la dextérité mélodique des frères Amott, à nouveau réunis. A l'écoute de "The Last Enemy", on se surprend ainsi à écouter des chevauchées de guitares que ne renierait certainement pas un Gamma Ray. Et que dire de l'instrumentale "Intermezzo Liberte" ? Un vrai moment de pur heavy à faire vibrer les coeurs avec ou sans "h". Ce côté heavy – mais ne nous méprenons pas, les nuques continueront à craquer méchamment sur des titres comme "The Last Enemy" ou "In This Shallow Grave" pour ne citer qu’eux – contribue à faire souffler un réel souffle épique sur ce nouvel album tout en assurant à l’ensemble une véritable cohésion. Les gars (et la fille) de Arch Enemy n’ont jamais lésiné sur la production : cette fois-ci, c’est Fredrik Nordström (Dimmu Borgir, In Flames, At The Gates) qui est derrière les manettes ; autant dire qu’on est loin de l’amateurisme. Après avoir définitivement imposé son son sur la scène metal, Arch Enemy donne le sentiment avec "Rise Of The Tyrant" d’être un combo en pleine possession de ses moyens, qui n’a plus rien à prouver et qui n’a plus qu’à laisser libre cours à sa créativité et à jouer la musique qu’il aime. Pour son plaisir, et pour le nôtre. (8,5/10)
Apophis