 |
Même
si c'est une misère que de ne trouver ce disque français
qu'en import canadien, la musique du quartet bordelais a parfaitement
sa place dans le catalogue Unicorn. Un label assez confidentiel
qui aime les virtuoses à l'esprit aventureux.
Ce type de projet, qui mêle progressif, metal et jazz-rock,
entre autres, évoque d'ailleurs beaucoup un autre groupe
du même label, Spaced Out. C'est le jeu
des références qui permettra le mieux de décrire
quel creuset complexe définit ce premier album : une
bonne louche de UK, de King Crimson, un peu de
Gno ("On the very day", et surtout ses couplets),
du Dream Theater pour certaines lignes vocales
Et que le combo évoque aussi Chick Corea parmi
ses influences n'est pas étonnant.
De bonnes références, mais surtout pas de la musique
facile
Les quatre musiciens d'Alkemy possèdent
un bagage technique de virtuoses, sans exception. Les structures
sont riches, les mélodies alambiquées. Ca respire
l'école de musique haut de gamme et le travail appliqué.
L'originalité de leur son vient aussi de claviers presque
toujours en configuration "piano" -très libres
dans leurs interventions- alors que la guitare, qui évite
souvent les accords simples, va souvent chercher son énergie
dans le gros son metal (7-cordes en tête évidemment).
Sur ce cd, qui réussit à être très
technique mais reste accessible, on trouve trois instrumentaux
copieux : "Turtle soup", "Inner pulse" et
l'intro de "Leaving future", des plages où
les plans basse/batterie feront s'étrangler les apprentis
musiciens.
Les titres chantés manquent parfois de séduction,
mais de jolies mélodies comme celle de "Within my
prism" ouvrent la voie à une musique épanouie
qui mérite une attention bienveillante.
En dehors de Gno et Kooma, la France n'accueille
pas de formations aussi versatiles et inventives, et surtout
révélant des musiciens brillants et exigeants.
Soyez curieux et les portes s'ouvriront
(8/10)
David
|